Maroc : le PAM remporte les législatives, le PJD revient en force, l'abstention s'envole

POINT. Le scrutin du 23 septembre a donné lieu à une recomposition de la majorité sortante, au retour des islamistes du PJD et à une participation en berne. Avec 97 sièges sur 395, le Parti Authenticité et Modernité est arrivé en tête.

Maroc : le PAM remporte les législatives, le PJD revient en force, l'abstention s'envole

Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) prend la main au Maroc. Selon les résultats provisoires annoncés par le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, il obtient 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait la coalition sortante, recule à la deuxième place avec 66 sièges. Il est talonné par l'Istiqlal qui a obtenu 65 sièges. Pour rappel, ces trois partis gouvernaient ensemble depuis 2021. 

Un chassé-croisé dans la majorité

En cinq ans, la hiérarchie s'est inversée. En 2021, le RNI s'était imposé avec 102 sièges, devant le PAM (87) et l'Istiqlal (81). On peut constater que le parti de la colombe perd plus d'un tiers de ses élus.

Comme prévu par la constitution, le roi Mohammed VI nommera le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête. Celui-ci devra réunir une majorité d'au moins 198 députés pour cinq ans.

Arithmétiquement, la reconduction de l'alliance sortante reste possible : PAM, RNI et Istiqlal totalisent 228 sièges. Mais l'ordre des préséances a changé, et avec lui les équilibres à négocier.

Le retour du Parti Justice et Développement

Autre enseignement : la remontée du Parti de la justice et du développement (PJD). Réduit à 13 sièges en 2021 après une décennie à la tête du gouvernement, il en obtient 54 et redevient la quatrième force du pays.

Suivent le Mouvement populaire (29), l'Union socialiste des forces populaires (USFP (26), le Parti du progrès et du socialisme (PPS (19) et l'Union constitutionnelle (17). Six petites formations se partagent les 22 sièges restants.

L'abstention, premier parti du royaume

Au-delà de ces résultats, le signal le plus préoccupant vient des urnes. La participation tombe à 38,08 % contre 50,35 % en 2021 et cela sur près de 16 millions d'inscrits.

Le recul est d'autant plus notable que 3 006 observateurs, dont 730 du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) et 200 étrangers, ont suivi l'opération. La régularité du scrutin n'a pas suffi à mobiliser.

Cela dit, le futur exécutif héritera d'une feuille de route chargée avec les chantiers de la Coupe du monde 2030, la généralisation de la protection sociale, les attentes d'une jeunesse qui a fait entendre sa voix dans la rue à l'automne 2025.

Au-delà du Maroc, ce scrutin rappelle une réalité partagée du Maghreb à l'Afrique subsaharienne : gagner des sièges ne suffit plus, encore faut-il reconquérir des électeurs qui doutent de l'utilité du vote. (TransContinentsAfrica)

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