Insa Guèye : “La CCQA veut être l’interlocuteur central entre le Canada et l'Afrique”

INTERVIEW. À la veille de la Caravane de prospection et de négociation de contrats (6-15 novembre), le directeur administratif et financier de la Chambre de commerce Québec-Afrique en expose la gouvernance et les ambitions.

Le calendrier n’a rien d’anodin. Du 6 au 15 novembre 2026, la Chambre de commerce Québec-Afrique (CCQA) organise sa Caravane de prospection et de négociation de contrats, adossée à la plateforme Orixul.

Objectif affiché : réunir des entreprises et institutions africaines telles que les mairies, les délégations ministérielles et parlementaires ainsi que des entreprises canadiennes et ce, autour de commandes fermes et de partenariats concrets.

L’événement arrive au moment où Ottawa, Québec et même le Nouveau-Brunswick formalisent leurs stratégies africaines, et où les tensions tarifaires avec les États-Unis poussent le Canada à regarder ailleurs pour diversifier ses débouchés.

Organisation à but non lucratif de droit québécois, la CCQA entame dans ce contexte un plan stratégique 2026-2030. Québec International vient de se rallier à l’organisation de son prochain rendez-vous.

Pour en comprendre les rouages, TransContinents Studio* a interrogé Insa Guèye. Directeur administratif et financier, il cumule les fonctions d’argentier et de secrétaire général.

Ressources, membres, ancrage sur toutes les Afriques, du Maghreb au Machrek et jusqu’à l’Afrique australe : il a accepté de détailler les renats et aboutissants d'une ambition qui dépasse le seul axe Québec-Afrique.

TransContinents Studio : Comment présenteriez-vous la Chambre en une phrase ?

Insa Guèye : La Chambre de commerce Québec-Afrique est une organisation à but non lucratif dont la mission et de favoriser le commerce équitable et durable entre les entreprises québécoises et africaines.

Sous quel régime juridique est-elle constituée ?

Elle est constituée sous le régime juridique d’une personne morale sans but lucratif de droit québécois.

En quoi se distingue-t-elle des autres structures Québec-Afrique ou Canada-Afrique ?

Elle se distingue des autres structures de par sa dénomination, à savoir “Québec-Afrique”. Cela exprime le renforcement des liens entre ces deux espaces géographiques qui partagent une langue commune: le français. Mais le Canada dans son ensemble est partie intégrante de notre stratégie.

Comment se positionne le Directeur administratif et financier (DAF) dans la gouvernance de la Chambre, entre le Directeur général, le Président du conseil d’administration et les autres membres ? 

A vrai dire mon rôle de DAF cumule deux fonctions : celui de l’argentier de la CCQA et celui de Secrétaire général. Pour le premier rôle il consiste à produire les états financiers, réaliser et suivre les opérations financières courantes, produire des rapports et concevoir des outils d’aide à la gestion. Pour le deuxième rôle il consiste à tenir les comptes rendus de réunion, être le lien central entre toutes les directions, produire et archiver la documentation administrative, et être le support de la direction générale.

Pouvez-vous nous parler des ressources qui permettent à la Chambre de fonctionner ? 

En tant qu’Organisation à but non lucratif, nos ressources proviennent de la cotisation de nos membres, les différentes subventions accordées par les institutions fédérales et provinciales du Canada, et des recettes liées à nos différents évènements que nous organisons.

Qui sont les membres et quelle part les entreprises africaines occupent-elles ?

En interne nous avons les membres du Conseil d’administration au nombre de 5, les membres du Comité exécutif au nombre de 10. En externe nous avons des représentants pays chargés d’être le relais de la CCQA au niveau local (coordonnateurs terrains, coordonnateurs nationaux et points focaux) qui nous représentent dans les différents pays africains (Sénégal, Côte-d’Ivoire, Bénin, Cameroun etc…).

La Chambre porte dans son appellation le mot “Afrique”. Sont-ce toutes les Afriques qui sont concernées en intégrant le Maghreb et le Machrek ?  

Effectivement toutes les Afriques y sont représentées. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, l’espace francophone comme non francophone. Ainsi nous appelons tout acteur économique africain, soucieux du développement économique durable de son activité à se rapprocher de nous afin de créer ensemble des synergies.

Le Canada, le Québec et même le Nouveau-Brunswick ont une stratégie africaine désormais. Quels liens avez-vous avec le gouvernement du Québec et ses délégations en Afrique mais aussi les structures du gouvernement canadien ? 

Cette année est cruciale pour la CCQA à cause du nouveau plan stratégique qui a été initiée pour 2026-2030. Les liens sont en train de se mettre en place. Ils dépendre de nos prochains résultats. Québec International, organisme provincial de développement économique, vient de se rallier à l’organisation de notre prochain événement. Au niveau fédéral, notre Directeur Général a eu à présenter notre plan stratégique au niveau du Sénat. Les autorités canadiennes sont informées de l’existence de la CCQA et de son action qui ne manquera pas d’être décisive en cette période de tensions tarifaires avec les USA. L’Afrique constitue une direction très importante en matière de développement des échanges internationaux. De quoi justifier que les efforts dans ce sens se doivent d’être appuyés.

Êtes-vous affiliés à la Chambre de commerce du Canada ou à la Fédération des chambres de commerce du Québec ?

Nous ne sommes pas affiliés à ces organisations mais les collaborations futures ne sont pas exclues. Toutefois nous sommes affiliés au Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

Quels partenaires consulaires avez-vous sur le continent ?

Nous travaillons au Canada avec les consulats et ambassades de tous les pays d’Afrique qui, actuellement, sont dans notre zone d’influence. Je pense notamment à l’espace francophone africain. 

Que dites-vous à un entrepreneur africain pour l’inciter à adhérer à la Chambre de commerce Québec-Afrique ? 

Vous êtes les champions de demain. Le monde entier est au courant de votre potentiel de développement, de votre atout “jeunesse” et de la richesse de votre matière grise. Donc il ne manque qu’une chose : que les financements viennent à vous pour propulser vos actions à un niveau supérieur. Regroupez-vous, adhérez aux différentes activités de la CCQA et nous nous chargerons de vous trouver les différents partenaires qui sauront répondre à vos attentes.

La Chambre de commerce Québec-Afrique a initié une Caravane de prospection et de négociation de contrats pour le mois de novembre. Qu’en attendez-vous concrètement ? 

Nous attendons la participation massive d’entreprises et d’institutions africaines (mairies, délégations ministérielles et parlementaires africaines etc…) et d’entreprises canadiennes bien sûr. Le but est de réunir ce beau monde et d’échanger concrètement sur les perspectives de partenariat. Nous attendons des commandes fermes d’exportation de produits et de services, des perspectives de formation à destination du public africain. Le développement doit se ressentir dans les deux sens aussi bien pour les entreprises canadiennes que pour les entreprises et pays africains bénéficiaires. Pour ceux qui souhaitent s’informer sur cet événement, je leur recommande d’aaller visiter le site d’Orixul (www.orixul.com).

Pour tout ce qui concerne la CCQA, toutes les informations sont accessibles en allant directement sur notre site (www.ccqa.ca) ou en nous écrivant à l’adresse suivante : info@ccqa.ca.

Où voyez-vous la Chambre dans cinq ans, et que faudrait-il pour que les échanges Québec-Afrique changent d'échelle ?

Nous nous voyons être l’interlocuteur central en ce qui concerne les échanges entre le Canada et l’Afrique, voire entre l’Amérique du Nord et l’Afrique. Nous nous voyons comme le principal intermédiaire dans les échanges concernant le continent africain et le reste du monde. Nous avons les outils pour, notamment la plateforme Orixul, les ressources intellectuelles aussi. Le travail a déjà commencé. Il convient maintenant d’attendre que les évènements se réalisent et rapportent leurs fruits. C’est d’ailleurs l’occasion de saluer la mobilisation de haut niveau de notre Directeur général et de le remercier pour les efforts continus qu’il n’a cessé de déployer pour la réalisation dans les meilleures conditions de la Caravane de prospection et de négociation des contrats en sa première édition. * TransContinents Studio est la marque commerciale de TransContinentsAfrica, partenaire officiel de la Caravane de prospection et de négociation de contrats co-organisée par la Chambre de commerce Québec-Afrique, la Chaire Stephen-A-Jarilowsky en Gestion des Affaires internationales de l'Université Laval, Québec International Développement économique, sur l'initiative d'Orixul.