JOJ Dakar 2026 : la flamme en route, les volontaires mobilisés, les murs en couleurs

MOMENT. À 37 jours de l'ouverture, le Sénégal vit à l'heure olympique. La flamme sillonne le pays, Dakar remet son drapeau à ses volontaires et 43 artistes repeignent les murs de la ville.

JOJ Dakar 2026 : la flamme en route, les volontaires mobilisés, les murs en couleurs

Le compte à rebours des JOJ Dakar 2026 ne se lit plus seulement sur les horloges officielles. En attendant le 31 octobre date à laquelle le Sénégal donnera le coup d'envoi des premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés sur le continent africain avec environ 2 700 athlètes représentant plus de 206 pays attendus jusqu'au 13 novembre, sur trois sites hôtes, Dakar, Diamniadio et Saly, ce compte à rebours se voit dans les rues, sur les murs et au passage des convois.

La flamme olympique, d'Athènes à Dakar-Plateau

Tout a commencé le 10 septembre, sous le soleil grec. La cérémonie d'allumage s'est tenue au stade Panathénaïque, en présence de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly, de la présidente du CIO, Kirsty Coventry, du président du COJOJ, Mamadou Diagna Ndiaye, et du maire de Dakar, Abass Fall.

D'Athènes, la flamme olympique est arrivée à Dakar où elle a été présenté au président Bassirou Diomaye Faye avant d'entamer son périple à travers le Sénégal. 
D'Athènes, la flamme olympique est arrivée à Dakar où elle a été présenté au président Bassirou Diomaye Faye avant d'entamer son périple à travers le Sénégal. 

Trois athlètes sénégalais ont porté la flamme lors du relais symbolique : le capitaine de l'équipe nationale de basket Brancou Badio, la nageuse Oumy Diop et le hurdler Louis François Mendy. Kirsty Coventry y a vu un moment de fierté pour le Sénégal et pour l'Afrique.

La flamme a ensuite pris la direction de Dakar. Arrivée au Sénégal le 12 septembre, elle a été remise au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Sa tournée nationale est partie de Dakar-Plateau le lundi 14 septembre.

La flamme olympique à travers quatorze régions

Le relais a été pensé pour couvrir tout le pays. Sous le slogan “Pass the Energy”. Il va traverser les 14 régions en 30 étapes, dont Rufisque, Guédiawaye, Pikine, Saint-Louis, Matam, Kolda et Ziguinchor.

La flamme reste dans la région de Dakar jusqu'au 27 septembre, parcourt les autres régions du 29 septembre au 24 octobre, puis revient dans la capitale du 28 au 30 octobre. Le relais s'achèvera à la Place de la Nation, avant que la flamme rejoigne le stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio pour l'ouverture officielle.

Quelque 450 relayeurs vont se succéder : sportifs, jeunes talents, membres de la société civile et personnalités issues des différents territoires. Parmi eux figurent l'ancien athlète Amadou Dia Bâ, la lutteuse Isabelle Sambou, le dirigeant du basket Amadou Gallo Fall, ainsi que l'acteur Omar Sy et l'influenceur Khaby Lame.

Au pays d'origine de Battling Siki, premier champion du monde africain de boxe, le noble art est fortement célébré.   
Au pays d'origine de Battling Siki, premier champion du monde africain de boxe, le noble art est fortement célébré.   

Chaque étape est aussi une fête. Les villes accueillent des spectacles sportifs, culturels et éducatifs qui se terminent par des concerts, et les écoles occupent une place centrale dans le dispositif.

À Ngor et Yoff, le 17 septembre, l'étape a pris des airs de retrouvailles avec l'océan. En terre lébou, la journée a célébré les liens anciens de ces communautés avec la mer, à travers les traditions, une course de pirogues et le surf. La foule était si dense que les ruelles du village devenaient par moments difficiles à traverser.

Le drapeau de la Ville remis aux volontaires

Entretemps, le 22 septembre, c'est à l'Hôtel de Ville que l'engagement a pris une forme officielle. Le maire Abass Fall y a présidé la remise du drapeau des Volontaires de la Ville de Dakar au Comité d'organisation.

La municipalité engage 150 volontaires, auxquels s'ajoutent 140 autres cooptés pour sécuriser les sites de célébration et contrôler les accès, soit 290 personnes au total.

La femme sénégalaise est bien représentée dans les fresques murales réalisées à l'occasion des JOJ Dakar 2026. 
La femme sénégalaise est bien représentée dans les fresques murales réalisées à l'occasion des JOJ Dakar 2026. 

Ce corps de volontaires n'est pas né avec les Jeux. Il a été créé en 2010 pour assurer la sécurité dans les services municipaux. L'édile a promis de lui donner les moyens d'accomplir pleinement sa mission.

Ces volontaires municipaux rejoignent un ensemble beaucoup plus vaste. Selon Bocar Lorent Sy, DRH du COJOJ, ils font partie des 6 000 volontaires venus du monde entier. Le programme porte un nom qui dit tout : Jambaar26, du mot wolof qui désigne le héros.

Pendant deux semaines, ces volontaires incarneront la Teranga sénégalaise aux portes des sites.

Les murs de la ville racontent le pays

Pendant que la flamme avance, Dakar change de visage. Le long de certains axes, des fresques qui mêlent sports, symboles culturels et valeurs olympiques ont fait des murs des tableaux en plein air.

L'essentiel de ce chantier passe par le projet Yeesal. Porté par le COJOJ, il réunit 43 peintres et graffeurs de moins de 35 ans, retenus après un appel à candidatures, sous la direction artistique de Madzoo TRK, de son vrai nom Serigne Mansour Fall. Il veut aussi laisser une trace durable dans les quartiers hôtes et lancer une nouvelle génération d'artistes.

Les jeunes graffeurs sénégalais se sont dépassés pour offrir aux murs de Dakar une esthétique rare et précieuse. 
Les jeunes graffeurs sénégalais se sont dépassés pour offrir aux murs de Dakar une esthétique rare et précieuse. 

La Corniche Ouest en offre une vitrine. Sur l'axe emprunté par le BRT en direction de la place de la Nation, les fresques dédiées aux JOJ s'étendent sur plusieurs mètres. Le lion y voisine avec le nageur, le baobab avec le coureur, le sabar avec le volley-ball, et les pirogues avec les athlètes.

Parallèlement, la mémoire est aussi présente. Les compositions vont du lion aux Signares lébous, en passant par le sabar, les pêcheurs et Sadio Mané.

L’effervescence qui accompagne tout ça s'appuie sur une scène déjà ancienne. Le Festigraff, créé à Dakar, est présenté comme le premier festival international de graffiti d'Afrique.

Qu’en sera-t-il après ? 

Cela dit, une question traverse déjà toutes les conversations, celle de l’héritage autrement dit celle de savoir si ces œuvres continueront de raconter cette histoire après les Jeux.

Un livre du journaliste béninois Frédéric Sohoundé, présenté le 3 octobre par L'Harmattan Sénégal, examine les conditions d'un héritage durable pour le Sénégal et pour l'Afrique.

Le sujet est sérieux et le chef de l'État, en personne, a lui aussi posé cet enjeu. Il a évoqué l'héritage humain et professionnel des Jeux : les compétences acquises, les métiers mieux maîtrisés et les méthodes de travail développées.

Sur les murs de Dakar, des fresques qui en disent long sur l'engouement des Sénégalais pour les symboles forts portés à travers les JOJ Dakar 2026. 
Sur les murs de Dakar, des fresques qui en disent long sur l'engouement des Sénégalais pour les symboles forts portés à travers les JOJ Dakar 2026. 

L'édition aura également une portée symbolique au-delà du Sénégal. Pour la première fois, une équipe olympique de jeunes réfugiés participera aux JOJ, avec six sportifs originaires de plusieurs régions d'Afrique et vivant aujourd'hui au Kenya et en Ouganda.

Les JOJ, une porte ouverte pour tout un continent

Aucun pays africain n'avait encore accueilli d'événement olympique, ni au sud du Sahara, ni au Maghreb, ni au Machrek. Dakar lève donc ce verrou avec des Jeux de la jeunesse sur un continent où la jeunesse est justement le premier capital.

Le calendrier dakarois prolonge d'ailleurs l'élan : moins d'une semaine après la clôture des JOJ, la Biennale Dak'Art prendra le relais. Sport, art urbain et création contemporaine vont ainsi s'enchaîner dans une même séquence. 

Du coup, la capitale sénégalaise se donne les moyens de passer du statut de ville hôte à celui de capitale culturelle et sportive durable. 

Cela dit, si le succès des Jeux se mesurera aux médailles ainsi que de ce que les fresques, les volontaires formés et les installations laisseront à la jeunesse sénégalaise, et plus largement africaine. Ainsi, le vrai test viendra après le 13 novembre. (TransContinentsAfrica)

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