Le programme #JAClimat veut faire des jeunes talents africains des acteurs de l’adaptation

AGENDA. Ce 30 septembre, l’ONG Migrations & Climat International lance à l’IPAG Business School de Paris son programme #JAClimat. Objectif : mobiliser étudiants et jeunes de la diaspora autour de l’adaptation climatique en Afrique.

Le programme #JAClimat veut faire des jeunes talents africains des acteurs de l’adaptation

Le rendez-vous est donc fixé au mercredi 30 septembre 2026, à partir de 14h30, dans l’amphithéâtre 101 de l’IPAG Business School, au 10/12 rue du Théâtre, dans le 15e arrondissement de Paris.

L’ONG Migrations & Climat International (MClimat) y lancera officiellement son programme "Jeunes Adapt’Climat", plus connu sous le mot-dièse #JAClimat.

La thématique retenue sonne comme un mot d’ordre : "Changement climatique : mobiliser les jeunes talents pour l’avenir de demain".

Le programme s’adresse aux étudiants et jeunes diplômés des grands établissements d’enseignement supérieur en France, nationaux comme internationaux : étudiants africains en mobilité, afrodescendants, membres des diasporas. L’ambition affichée est de transformer des compétences académiques en solutions concrètes sur le terrain, en particulier en Afrique.

Une urgence que les chiffres ne cessent de confirmer

Le choix du thème n’a rien d’un effet de mode. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le continent africain se réchauffe à un rythme légèrement supérieur à la moyenne mondiale, d’environ 0,3 °C par décennie entre 1991 et 2023. L’Afrique du Nord est la plus exposée, avec une hausse proche de 0,4 °C par décennie sur la même période.

La facture est déjà lourde. Les pays africains perdent en moyenne 2 à 5 % de leur produit intérieur brut du fait des extrêmes climatiques, et nombre d’entre eux consacrent jusqu’à 9 % de leur budget à y faire face.

L’OMM estime par ailleurs que, faute de réponse adaptée, jusqu’à 118 millions de personnes en situation d’extrême pauvreté pourraient être exposées d’ici 2030 aux sécheresses, aux inondations et aux chaleurs extrêmes.

Le paradoxe est connu. Le continent est responsable de moins de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais il demeure le moins armé pour en absorber les conséquences. D’autant que l’agriculture, largement pluviale, fait vivre plus de 60 % de sa population, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

Le grand décalage de la finance d’adaptation

C’est sur l’adaptation que le retard est le plus criant. Dans son rapport 2025 sur l’écart en matière d’adaptation, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) chiffre les besoins des pays en développement entre 310 et 365 milliards de dollars par an d’ici 2035.

En face, les flux publics internationaux dédiés à l’adaptation n’ont atteint que 26 milliards de dollars en 2023, en recul par rapport aux 28 milliards de l’année précédente. Les besoins représentent donc 12 à 14 fois les moyens disponibles.

À Belém, en novembre 2025, la COP30 a appelé à tripler la finance d’adaptation d’ici 2035. Un engagement salué, mais formulé sans année de référence précise et assorti d’une échéance plus lointaine que ne l’espéraient de nombreux pays du Sud.

À quelques semaines de la COP31, prévue en novembre à Antalya, en Turquie, la question n’est plus seulement de mobiliser des fonds. Il s’agit aussi de disposer de porteurs de projets capables de les transformer en réalisations tangibles.

La jeunesse, premier gisement de solutions

C’est précisément là que #JAClimat entend se positionner. L’Afrique, Maghreb et Machrek compris, est le continent le plus jeune de la planète, avec un âge médian inférieur à 20 ans. Cette jeunesse sera en première ligne des bouleversements climatiques des prochaines décennies.

Une part significative de ses talents se forme en France. Selon Campus France, sur les quelque 443 500 étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur français en 2024-2025, les six pays africains figurant dans le top 10 des nationalités totalisaient à eux seuls près de 134 000 étudiants, soit environ 30 % de l’effectif.

Un vivier stratégique, alors même que les conditions de la mobilité se durcissent : depuis le 1er août 2026, le minimum de ressources exigé pour un visa étudiant est passé de 615 à 877,50 euros par mois.

Le programme propose à ces jeunes de participer à des conférences, ateliers et formations, d’intégrer une communauté, de rencontrer mentors et experts, et de concourir à un challenge annuel. Les projets attendus porteront sur l’accès à l’eau, l’agriculture résiliente, les énergies propres et l’innovation sociale. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement.

L’adhésion est gratuite pour les jeunes, afin de garantir accessibilité et inclusion.

Diplomates, patronat et experts autour de la table

Après le mot de bienvenue d’Olivier Maillard, directeur général de l’IPAG Business School, la conférence donnera la parole à Maxence Ansel, pour le Conseil régional d’Île-de-France, puis à Béré Touré, responsable de la coordination de #JAClimat, et à Tania-Bénédicte M’Baka, présidente de MClimat.

Le volet diplomatique réunira plusieurs ambassades : la République démocratique du Congo (Émile Ngoy Kasongo), Maurice (Joël Rault), le Sénégal (Baye Moctar Diop, représenté par Cheikh Agne), la Côte d’Ivoire (Maurice Bandaman, représenté par Marc-Antoine Asse) et le Tchad (Amina Priscille Longoh).

Deux tables rondes d’experts suivront, animées par Denis Deschamps, secrétaire général de MClimat.

La première rassemblera Émilie Maehara (Sustainable Finance Observatory), Étienne Giros (Cian), Kadia Moisson (Grant Alexander et CCEF) et Douglas Mbiandou (10 000 codeurs).

La seconde accueillera Jean-Michel Huet (BearingPoint), Melissa Akemakou (Je m’engage pour l’Afrique), Mahi Traoré (lycée technologique Jules-Siegfried), Christopher Domba (Groupement du patronat francophone) et Aboubakar Koné (AJMASI).

La séance se conclura par la présentation des modalités d’adhésion des jeunes et des associations, ainsi que des perspectives de coopération avec les partenaires, avant une photo officielle et un temps de réseautage.

Une jeune ONG en quête de partenaires

Créée en septembre 2024, MClimat se consacre à l’accélération de l’adaptation climatique au bénéfice des communautés les plus exposées, notamment les femmes, avec le programme Femme Adapt’Climat, et les jeunes. Elle revendique des correspondants et affiliés dans plus de 15 pays.

Sans subventions à ce stade, l’organisation repose sur les fonds propres de ses fondateurs, les dons individuels et le mécénat. Elle recherche des partenaires institutionnels, financiers et techniques, sous trois formes : soutien au déploiement du programme, parrainage du challenge annuel, mécénat de compétences pour le mentorat et les jurys. (TransContinentsAfrica)

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Pratique

Date : mercredi 30 septembre 2026. Accueil à partir de 14h00, conférence de 14h30 à 18h30.

Lieu : IPAG Business School, campus de Paris, amphi 101, 10/12 rue du Théâtre, 75015 Paris.

Format : exclusivement en présentiel. La conférence sera enregistrée et proposée en replay.

Au-delà de l’événement : 

L’initiative dépasse le cadre d’une conférence parisienne. Elle s’inscrit dans un mouvement de fond qui voit la diaspora et les étudiants africains passés par l’Europe francophone devenir des passeurs de compétences, de réseaux et de financements entre les deux rives.

Alors que la finance climatique mondiale peine à suivre le rythme des besoins, la capacité à faire émerger des projets crédibles, portés par ceux qui connaissent les réalités du terrain, pourrait bien devenir l’un des maillons décisifs de l’adaptation du continent. C’est tout l’enjeu du pari lancé ce 30 septembre.

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