Cinéma : “Promis le ciel” zoome sur les migrants en Tunisie

EPREUVE. Cet opus de la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri explore, à travers des destins féminins entremêlés, le harcèlement et le racisme subis par les migrants subsahariens.

Cinéma : “Promis le ciel” zoome sur les migrants en Tunisie

Ce nouveau long métrage de la cinéaste franco-tunisienne Erige Sehiri, est à la fois un cri et une alerte. Intitulé “Promis le ciel”, il s’attaque de front à la question migratoire en Tunisie. 

L’œuvre s’inscrit dans une démarche réaliste et engagée, donnant à voir le quotidien de plusieurs femmes migrantes confrontées à l’hostilité sociale, aux violences symboliques et aux formes diffuses de harcèlement.

Une histoire de vulnérabilités

À travers des trajectoires croisées, le film met en lumière la vulnérabilité des migrants subsahariens, pris dans un environnement devenu de plus en plus hostile. Les héroïnes incarnent différentes expériences de l’exil : précarité matérielle, peur constante, mais aussi résistance intime et solidarité discrète. Sans emphase ni didactisme, Erige Sehiri choisit une narration épurée qui laisse toute sa place aux silences, aux gestes et aux regards.

Un contexte explosif

Le film s’inscrit dans un contexte tunisien marqué par une crispation croissante autour des questions migratoires. Les scènes décrivent un climat de suspicion et de rejet, où le racisme ordinaire s’installe dans l’espace public comme dans les relations administratives. Cette approche donne au film une portée politique assumée, tout en évitant le discours démonstratif.

Aïssa Maïga en tête d'affiche

Le casting réunit notamment l’actrice franco-malienne Aïssa Maïga, dont la présence apporte une intensité particulière au récit. Elle partage l’affiche avec Blamassi Touré, expert reconnu des questions migratoires et lauréat ivoirien de l’Initiative Marianne pour les défenseurs des droits humains, dont la participation brouille volontairement la frontière entre fiction et réalité.

Le prolongement d’un cinéma réaliste

Avec "Promis le ciel", Erige Sehiri prolonge un cinéma ancré dans le réel, attentif aux marges et aux voix invisibilisées. Le film se veut moins une dénonciation spectaculaire qu’un témoignage sensible sur une situation humaine et politique complexe, invitant le spectateur à regarder en face une réalité souvent reléguée hors champ. Le long métrage a été récompensé de l'Etoile d'Or du Festival du Film de Marrakech en décembre dernier. (TransContinentsAfrica)

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