Le Palais des Congrès de Marrakech a vécu un moment d’apothéose avec une cérémonie de clôture marquée par la présence de stars du septième art ainsi que de personnalités du monde de la culture et des médias. Vedette de ce moment privilégié : le film Promised Sky de la la Franco-tunisienne Erige Sehire.
Le cadre général du Festival
Cette édition a aussi vu la participation de 81 films en provenance de 30 pays répartis en plusieurs sections, avec 13 films en compétition officielle, 9 films en Séances de Gala, 16 films dans le cadre de la section Hommage, 19 films dans la section Horizons, 15 films dans la section 11e continent et 7 films dans Panorama du cinéma marocain.
Selon les organisateurs, le public a répondu présent avec un engouement renouvelé : plus de 47.000 spectateurs ont assisté aux projections, dont 7.000 enfants et adolescents dans le cadre du programme Jeune Public et Famille, confirmant l’importance de la transmission qui fait partie de l’ADN du Festival.
Promised Sky primée deux fois
Soutenu par les Ateliers de l’Atlas du Festival, ce film de 93 minutes raconte l’histoire de Marie et Jolie. La première est une pasteure ivoirienne et ancienne journaliste. Elle vit à Tunis et accueille Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur. La seconde est une étudiante déterminée portant les espoirs de sa famille restée au pays.
Le Jury a ainsi distingué une œuvre qui ose regarder le monde autrement, avec une force poétique rare et une vision artistique pleinement engagée dans le réel.
Distingué comme oeuvre, Promised Sky a également été au premier plan à travers Debora Lobe Naney qui a remporté le Prix de l’interprétation féminine pour sa magnifique prestation.
La consécration pour les Ateliers de l’Atlas
A travers Promised Sky, les Ateliers de l’Atlas ont une nouvelle fois démontré le rôle moteur qu’ils jouent pour les cinémas du continent et de la région. Avec 350 professionnels réunis autour de 28 projets, cet espace de mentorat, d’incubation et d’accompagnement artistique a soutenu des œuvres prometteuses qui nourriront, demain, les écrans internationaux.
Ainsi s’achève une édition marquée par la découverte, le partage et l’audace. À Marrakech, des parcours singuliers se sont dévoilés, des dialogues se sont noués, et des œuvres ont trouvé un écho auprès d’un public attentif. En révélant de nouveaux talents et en saluant des cinéastes confirmés, le Festival International du Film de Marrakech poursuit ce qui fait son identité : un lieu où le cinéma circule librement et continue de rapprocher ceux qui le font et ceux qui le regardent.
Quid des autres distinctions ?
Au-delà, plusieurs prix ont été décernés.
S’agissant du Prix du Jury, il a été attribué en ex æquo à My Father and Qaddafi de sa réalisatrice Jihan K et à Memory de Vladlena Sandu, deux films profondément personnels, où l’intime rejoint la grande histoire.
Pour le Prix de la mise en scène, il a été décerné à Oscar Hudson pour Straight Circle, dont la rigueur formelle et l’inventivité artistique ont marqué les esprits.
Côté interprétation, Ṣọpẹ́ Dìrísù a reçu le Prix d’Interprétation masculine pour My father’s Shadow d’Akinola Davies Jr.
Le jury a également salué la justesse des acteurs Elliot Tittensor et Luke Tittensor dans Straight Circle d’Oscar Hudson, leur attribuant une mention spéciale.
Le sentiment du président du jury, le Coréen Bong Joon Ho
S’exprimant à cette occasion, le président du jury de cette édition a exprimé sa joie de participer au Festival International du Film de Marrakech aux côtés des autres membres du jury, adressant ses vifs remerciements aux organisateurs du Festival et à l’ensemble des Marocains.
Bong Joon Ho a également souligné que les films en compétition officielle étaient tous excellents, et même si seuls certains ont remporté un prix, ils sont tous gagnants et méritent de chaleureux applaudissements.
Pour être complet, outre le réalisateur coréen Bong Joon Ho, le Jury comprenait aussi le réalisateur, scénariste et artiste visuel brésilien et algérien, Karim Aïnouz, le réalisateur marocain Hakim Belabbes, la réalisatrice et scénariste française Julia Ducournau, l’acteur et cinéaste iranien, Payman Maadi, la jeune actrice américaine Jenna Ortega, la scénariste et réalisatrice canadienne, Celine Song et l’actrice anglo-argentine Anya Taylor-Joy.
Marrakech, espace d’hommages
Cette 22e édition a également rendu un vibrant hommage à quatre figures majeures du cinéma, des artistes venus d’horizons différents, qui incarnent chacun à leur manière la force universelle du cinéma. Il s’agit de Hussein Fahmi, Jodie Foster, Raouya et Guillermo del Toro.
Le programme phare Conversations de l’édition 2025 a réuni des personnalités parmi les plus inspirantes du cinéma mondial, notamment le cinéaste coréen Bong Joon Ho, le réalisateur, scénariste et producteur mexicain Guillermo Del Toro, le réalisateur et scénariste australien Andrew Dominik et l’acteur, réalisateur et producteur américain Laurence Fishburne. (TransContinentsAfrica)
