Comment encourager une trajectoire mieux adaptée aux bouleversements actuels mais aussi capable de permettre aux universités africaines de relever les défis à venir ? Voilà la question à laquelle la Fondation Mastercard a choisi de donner une réponse à travers une initiative qu’elle a lancée à la fin du mois de juillet. Il s’agit du Prix pour la transformation de l’enseignement supérieur en Afrique (AHEFT). Dotée d’un engagement de 500 millions de dollars sur dix ans, celle-ci ne vise rien moins qu’à soutenir celles d’entre elles qui vont favoriser l’innovation, l’employabilité des jeunes et le développement durable.
Cinq universités lauréates tremplins du programme
En guise de lancement, cinq universités ont d’ores et déjà été distinguées par la Fondation Mastercard pour l’édition 2026. Il s’agit de l’Université d’Addis-Abeba, en Éthiopie, de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE) de Ouagadougou, au Burkina Faso, de l’Université Kwame Nkrumah des sciences et technologies d’Accra, au Ghana, de l’Université Muni de Kampala, en Ouganda, et enfin de l’Université du Rwanda.
Chacun de ces établissements bénéficiera d’un financement de 3 millions de dollars afin d’étendre des projets destinés à améliorer l’accès des jeunes Africains à une formation de qualité et à faciliter leur insertion professionnelle.
Constat intéressant : les cinq premiers lauréats illustrent la diversité des approches soutenues.
L’Université d’Addis-Abeba a été distinguée pour ses performances en matière de recherche et d’innovation.
L’Institut 2iE du Burkina Faso a été récompensé pour son modèle de formation pratique en ingénierie, qui a permis de former plus de 13 000 diplômés, dont 70 % trouvent un emploi dans les douze mois suivant l’obtention de leur diplôme, tandis que plus de 95 % poursuivent leur carrière sur le continent.
L’Université Kwame Nkrumah des sciences et technologies a été primée pour son écosystème favorisant la création de start-up et le transfert de technologies vers le secteur productif.
L’Université Muni, en Ouganda, a été distinguée dans la catégorie « Transition vers l’emploi » grâce à un programme destiné aux réfugiés et aux jeunes vulnérables, permettant à près de 70 % des participants d’accéder à un emploi dans les trois mois suivant leur formation.
L’Université du Rwanda a, quant à elle, été récompensée pour son rôle dans le renforcement du système de santé du pays, notamment à travers la formation de plus de 26 000 professionnels de santé.
Ces premiers lauréats seront officiellement honorés le 22 septembre 2026 à Accra, au Ghana, lors du Higher Education Transformation Convening.
Un Prix pour que l’Afrique soit au diapason
"Depuis vingt ans, nous voyons les établissements africains repenser ce que l’enseignement supérieur peut apporter. Le prix AHEFT transforme cette réalité en une véritable dynamique : nous soutenons l’excellence locale par un engagement sur dix ans afin que les universités à travers tout le continent deviennent des moteurs d’opportunités pour des millions de jeunes”, a déclaré la présidente-directrice générale de la Fondation Mastercard, Sewit Ahderom.
Selon la Fondation, le prix récompensera des initiatives ayant un impact dans des domaines tels que l’enseignement et l’apprentissage, la recherche et l’innovation, la transition vers l’emploi, l’entrepreneuriat ainsi que des secteurs stratégiques comme la santé, le climat, l’agriculture, les sciences, le numérique et l’intelligence artificielle.
Un Prix pour l’Afrique du futur
Au terme des dix prochaines années, au moins 150 établissements d’enseignement supérieur africains devraient bénéficier de cette initiative.
Pour John Nkengasong, directeur exécutif des initiatives en matière d’enseignement supérieur à la Fondation Mastercard, cette initiative vise à repositionner les universités africaines comme des acteurs clés du développement économique et social du continent.
"C’est le moment de repenser ce que les établissements d’enseignement supérieur peuvent apporter en tant que moteurs du développement du capital humain, non seulement comme lieux d’apprentissage, mais aussi comme voie directe vers l’emploi, la participation économique et un avenir meilleur pour les jeunes à travers l’Afrique”, a-t-il affirmé. (TransContinentsAfrica)
