Ces 24 et 25 novembre peuvent être considérés comme un tournant majeur de la relation entre l’Union africaine et l’Union européenne de par les situations d’urgence que les deux parties doivent désormais gérer à la fois sur les plan politique, sécuritaire et économique.
Le multilatéralisme mis en avant
Les deux organisations ont d’abord réitéré leur attachement au multilatéralisme, présenté comme le seul moyen de préserver l’ordre international basé sur des règles. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a mis en garde contre toute remise en cause des frontières reconnues, estimant qu’autoriser une violation “reviendrait à permettre à tous les États d’en faire autant”, justifiant ainsi la centralité du multilatéralisme dans les relations UA-UE.
Renforcer les échanges commerciaux
Sur le plan économique, les délégations ont affiché leur volonté de renforcer les échanges commerciaux et d’accélérer la coopération sur les minerais stratégiques, un secteur crucial pour les transitions énergétiques en cours. L’Afrique a insisté sur la création de chaînes de valeur locales, notamment dans l’industrie du cobalt. « Il faut que l’on arrive à exporter du cobalt, mais aussi des batteries de véhicule », a plaidé Tete Antonio, ministre angolais des Affaires étrangères, qui a également appelé à une prospérité partagée fondée sur le dialogue et la solidarité.
La question migratoire au menu
Les discussions ont également porté sur la question migratoire, un dossier sensible pour les deux continents. Les participants ont réaffirmé leur engagement à lutter contre l’immigration irrégulière tout en favorisant la mobilité légale des citoyens. Les deux organisations souhaitent mettre en place des mécanismes équilibrés, conciliant sécurité, développement et respect des droits humains.
Les crises sécuritaires et humanitaires aussi
Les crises sécuritaires et humanitaires ont occupé une place importante dans les échanges. Les délégations ont notamment évoqué la guerre en Ukraine, le conflit au Soudan et l’instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo. Les deux blocs ont condamné les atrocités imputées aux Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises, notamment à El-Fasher, et ont réaffirmé leur appui à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Concernant la RDC, certaines voix ont jugé que l’Union européenne n’avait pas encore suffisamment contribué aux efforts de stabilisation. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévost, a mis en garde contre l’adoption de nouvelles sanctions, estimant qu’elles pourraient être “instrumentalisées” et compromettre les médiations menées à Washington et Doha, malgré l’urgence humanitaire persistante.
Le début d’un nouveau chemin
Malgré l’absence d’annonces spectaculaires, ce sommet UA-UE marque une nouvelle étape dans la consolidation du dialogue politique et économique entre les deux continents. Les deux organisations ont réaffirmé leur volonté d’approfondir leur coopération dans les domaines de la paix, du commerce, de la gouvernance et de la mobilité, tout en reconnaissant les défis qui continuent de peser sur leur partenariat. (TransContinentsAfrica)
