Ils étaient nombreux samedi dernier dans les rues de Tunis à défiler pour protester contre “l’injustice et la répression”, accusant le président Kais Saied de consolider un régime d’homme unique en utilisant le pouvoir judiciaire et la police.
Des manifestants vêtus de noir pour exprimer leur colère
Cette manifestation est la dernière d’une série qui a traversé la Tunisie impliquant des journalistes, des médecins, des banques et des systèmes de transport public. Des milliers de personnes ont également exigé la fermeture d’une usine chimique pour des raisons environnementales.
Les manifestants étaient vêtus de noir pour exprimer leur colère et leur douleur face à ce qu’ils appellent la transformation de la Tunisie en une “prison à ciel ouvert”. Ils ont brandi des banderoles portant les inscriptions “Assez de répression”, “Pas de peur, pas de terreur, les rues appartiennent au peuple”.
Le rassemblement a réuni des militants, des ONG et des partis de diverses obédiences dans une rare démonstration d’unité en opposition à Kais Saied.
Il souligne la grave crise politique et économique que traverse la Tunisie et constitue un défi majeur pour Saied qui, après avoir été élu, a pris les pleins pouvoirs en 2021 et a commencé à gouverner par décret. Aujourd’hui, Kais Saied nie être devenu un dictateur ou utiliser le pouvoir judiciaire contre ses opposants, affirmant qu’il purifie la Tunisie des “traîtres”. Pourtant la vague de répression induit le contraire.
Une réaction à une vague de répression tous azimuts
Les manifestants ont scandé des slogans tels que «”Nous étouffons !”,”Assez de tyrannie !” et “Le peuple veut la chute du régime !”.
“Saied a transformé le pays en une prison ouverte, nous n’abandonnerons jamais”, a déclaré à Reuters Ezzedine Hazgui, père du politicien emprisonné Jawhar Ben Mbark.
Les partis d’opposition, les groupes de la société civile et les journalistes accusent tous Saied d’utiliser le pouvoir judiciaire et la police pour étouffer les critiques.
Le mois dernier, trois groupes de défense des droits civiques de premier plan ont annoncé que les autorités avaient suspendu leurs activités en raison d’un prétendu financement étranger.
Amnesty International a déclaré que la répression des groupes de défense des droits a atteint des niveaux critiques avec des arrestations arbitraires, des détentions, des gels d’avoirs, des restrictions bancaires et des suspensions visant quatorze organisations non gouvernementales.
Pour les opposants Kais Saied a détruit l’indépendance du pouvoir judiciaire. Illustration : en 2022, il a dissous le Conseil supérieur de la magistrature et limogé des dizaines de juges, des mesures que les groupes d’opposition et les défenseurs des droits humains ont condamnées comme un coup d’État. Aujourd’hui, la plupart des dirigeants de l’opposition et des dizaines de critiques sont en prison. (TransContinentsAfrica)
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