Trump-Afrique : un mini-Sommet qui détonne

SURPRISE. Alors que l’Afrique est apparue comme l’un de ses punching-ball préférés, le président américain a décidé de recevoir cinq chefs d’Etat du continent.

Trump-Afrique : un mini-Sommet qui détonne

Mais que va dire Donald Trump aux cinq chefs d’Etat africains qu’il a décidé de recevoir à Washington du 9 au 11 juillet ? Tous à la tête de pays que les premières décisions du président américain ont précipité dans des difficultés monstres au travers de la fermeture de l’Usaid, de l’augmentation des droit de douane sur fond de fin de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) qui visait à faciliter l'accès du marché américain aux pays africains, des décisions d'interdictions d'accès aux Etats-Unis, pour ne citer que celles-là, il y a fort à parier qu’ils sont impatients de savoir de manière plus précise la nature des lunettes à travers lesquelles l’hôte de la Maison-Blanche entend observer et gérer concrètement ses relations avec l’Afrique. 

Une chose paraît cependant sûre : l’essentiel des échanges ne portera pas sur l’aide. Economie, commerce et sécurité sont parties pour être les sujets prioritaires de ce mini-sommet qui se tient une vingtaine de jours après après le 17e Sommet États-Unis–Afrique des affaires, tenu à Luanda.  

Pour Washington, il s’agit de donner une suite ciblée à la dynamique lancée dans la capitale angolaise en misant sur des partenariats fondés sur l’investissement et la réciprocité, selon un communiqué du Département d’État américain. 

Commerce contre immigration

Rappelons-nous que plus de 2,5 milliards de dollars d’accords ont été conclus entre partenaires africains et américains lors de 17e Sommet Etats-Unis-Afrique. 

Elle a marqué une volonté d’approfondir les relations économiques mais cela contraste avec une autre réalité : selon des documents internes révélés par Reuters et le Washington Post, les États-Unis envisagent d’interdire l’entrée sur leur territoire à 25 pays africains, invoquant des problèmes de fiabilité des documents d’identité, de fraudes administratives ou encore des dépassements de visa. 

Le Sénégal, la Mauritanie, le Gabon et le Libéria — dont les dirigeants sont attendus à Washington — figurent sur cette liste transmise aux diplomates africains le 14 juin dernier.

Ces menaces de restriction, présentées comme des mesures de sécurité nationale, jettent une ombre sur la stratégie africaine de l’administration Trump, fondée officiellement sur une coopération économique “gagnant-gagnant”. En juin, une première vague d’interdictions avait déjà touché une douzaine de pays, dont le Tchad et la République du Congo.

Priorité à un format resserré d’échanges de haut niveau 

En tout cas, selon Africa Intelligence et FrontPage Africa, les présidents Joseph Boakai (Libéria), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Mohamed Ould Cheikh el Ghazouani (Mauritanie), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon) et Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) prendront part à cette réunion de haut niveau. Elle devrait porter sur la coopération économique, la diplomatie commerciale et les enjeux sécuritaires. On remarquera que le format resserré, loin des grands sommets habituels, illustre l’aversion du président Trump pour le multilatéralisme dans ses expressions les plus criantes. .

En recevant cinq chefs d’État à Washington, l’administration américaine tente d’installer un dialogue de haut niveau avec certains partenaires jugés stratégiques, notamment sur les questions de minéraux critiques, de sécurité maritime dans le golfe de Guinée et de lutte contre le crime organisé.

Si ce mini-sommet est une porte entr’ouverte sur une coopération plus claire et plus apaisée, il reste à savoir jusqu’à quel niveau il permettra d’aplanir les tensions provoquées par les annonces de restrictions migratoires, alors même que les États-Unis affirment vouloir ouvrir une nouvelle ère de coopération économique avec l’Afrique. (TransContinentsAfrica)

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