La justice a été longue à se mettre en branle mais elle semble désormais sur une bonne orbite concernant la mort de Steve Biko, leader anti-apartheid mort de lésions cérébrales suite aux tortures subies pendant sa garde à vue. Un tribunal sud-africain vient en effet de rouvrir l’enquête sur sa mort qui avait choqué le monde entier et accru la pression qui a conduit à mettre fin au règne de la minorité blanche et à l’apartheid.
“Cette décision, soutenue par les représentants légaux de la famille Biko, vise à déterminer si la mort de Biko était le fait d’un acte criminel”, a déclaré ce 12 septembre l'Autorité nationale de poursuite (NPA) d’Afrique du Sud.
Le cheminement du dossier Biko
Steve Biko était le fondateur du Black Consciousness Movement. Le 12 septembre 1977, il avait été torturé par des membres de la branche spéciale du régime d'apartheid, une entité policière chargée de la collecte de renseignements.
Ceux-ci n'ont jamais été poursuivis. Une enquête de 1977 avait en effet conclu que Biko était mort de blessures subies lors d'une prétendue bagarre avec des officiers, sans responsabilité pénale attribuée.

La Commission Vérité et Réconciliation d’Afrique du Sud avait décidé en 1999 de ne pas accorder l’amnistie aux officiers impliqués, dont deux étaient encore en vie, selon la NPA.
“La NPA et ses partenaires poursuivront leurs efforts pour faire face aux atrocités du passé et aider à apporter une conclusion à la famille Biko et à la société en général”, a déclaré le communiqué informant de l’ouverture de l’enquête.
L'Afrique du Sud toujours en quête de justice contre l'apartheid
Ainsi, trois décennies après la fin du régime de la minorité blanche, l’Afrique du Sud est toujours aux prises avec des crimes non résolus qui ont eu lieu sous l’apartheid.
Plus tôt cette année, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a mis en place une commission judiciaire pour déterminer si des tentatives ont été faites pour empêcher l’enquête ou la poursuite des crimes de l’époque de l’apartheid, à la suite d’une plainte déposée par les familles des victimes.
“L’enquête rouverte a été ajournée au 12 novembre pour la gestion des affaires devant la Haute Cour d’Afrique du Sud, division du Cap oriental”, a déclaré le NPA. Une décision qui ouvre la voie à l’épilogue d’une affaire pour laquelle l’épouse de Steve Biko aujourd’hui octogénaire se bat depuis qu’elle a trente ans. (TransContinentsAfrica)
