Startup20 : quand le G20 donne de la voix à l’innovation et à l’entreprenariat

IMPULSION. A Johannesburg, un écosystème mondial conjuguant politique et innovation au sein du G20 a posé ses fondations. Illustration.

Startup20 : quand le G20 donne de la voix à l’innovation et à l’entreprenariat

Pour faire entendre sa voix, la communauté mondiale qui promeut un  développement durable fondé sur l’innovation s’est regroupée au sein d’une structure à laquelle le G20 entend accorder la plus grande attention. 

Startup20, un cheminement entamé en Indonésie

Moins d’une semaine avant que les dirigeants du G20 ne se retrouvent, les 13 et 14 novembre, un autre sommet s’est tenu pour faire avancer le dialogue politique et les actions en faveur d’un écosystème mondial d’innovation piloté par le G20 : c’est le Startup20 Summit. 

Plus jeune groupe d'engagements du G20, portant la voix de la communauté mondiale des startups et de l’innovation auprès des dirigeants du G20, le Startup Summit s’est donné comme objectif de promouvoir la construction d’un écosystème mondial d’innovation. 

Le Startup Summit s'est tenu quelques jours avant le Sommet des dirigeants du G20 à Johannesburg. 
Le Startup Summit s'est tenu quelques jours avant le Sommet des dirigeants du G20 à Johannesburg. 

En ce sens, la création de ce groupe constitue une reconnaissance de haut niveau du fait que l’innovation et l’entrepreneuriat sont essentiels pour atteindre une croissance économique durable et de long terme. A cet égard, il convient de noter la portée de l’attribution à Joel Mokyr, Philippe Aghion et Peter Howitt par le jury du Nobel du Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel 2025, en d’autres termes le Prix Nobel d’économie. 

Fait intéressant, l’annonce de la création d’une telle structure  regroupant les startups a eu lieu à Bali vers la fin de la présidence indonésienne du G20 en 2022. Elle a été le fait du ministère indien des Affaires étrangères qui en fait un engagement et une priorité centrale de la présidence indienne du G20 de 2023. 

Après l’année de l’Inde, le groupe a continué à se réunir et à faire avancer son programme sous la présidence du Brésil en 2024. 

Et avec le premier sommet du G20 sur le continent africain en 2025, un sommet historique, l’agenda de Startup20, dirigé par l’Afrique du Sud, s’est constitué autour d’un axe majeur : réfléchir à la manière dont les startups et l’entrepreneuriat peuvent constituer un levier essentiel pour le développement économique du continent africain.

La consécration au G20 tenu en Afrique du Sud

Preuve de sa réelle prise en compte par le sommet de Johannesburg : dans la Déclaration finale,  l’innovation, l’entrepreneuriat et la création de startups sont clairement reconnus par les dirigeants du G20 comme des moteurs de croissance économique et de développement durable, comme le précise le paragraphe 38 qui dit ceci :

Le Sommet Startup20 de Johannesburg a été un tournant dans la rencontre entre politique et innovation au sein du G20..
Le Sommet Startup20 de Johannesburg a été un tournant dans la rencontre entre politique et innovation au sein du G20..

“En tant que Dirigeants du G20, nous partageons la vision d’exploiter la science, la technologie, l’entrepreneuriat, ainsi que les savoirs autochtones et locaux en partenariat pour ouvrir de nouvelles voies vers la prospérité, ne laissant personne de côté. Nous reconnaissons l’entrepreneuriat comme une pierre angulaire de cette vision. Nous reconnaissons également le rôle des Startups et des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) en tant que moteurs de création d’emplois, d’innovation et de développement local”.

Une conclusion tirée d’observations du terrain

Cela dit, la courte histoire de Startup20 montre l’importance qu’un nombre croissant de grands marchés émergents comme l’Indonésie, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud accordent à l’entrepreneuriat et à l’innovation pour stimuler la croissance économique et le développement. 

L’Afrique du Sud elle-même a décidé de poursuivre et d’élargir le travail des présidences précédentes, en mettant fortement l’accent sur des questions liées au thème général de sa présidence : solidarité, égalité, durabilité. 

Les startups et les entrepreneurs, de manière plus générale, ont un rôle essentiel à jouer dans chacun de ces aspects : ils peuvent apporter une contribution déterminante à l’agenda des Objectifs de développement durable (ODD) en développant les innovations dont nous avons besoin pour lutter contre le changement climatique, promouvoir un développement économique inclusif et réduire les inégalités.

Comment le Startup20 Summit a fait avancer la cause

Il est important de noter d’ores et déjà que les innovations qui émergent sur le continent africain démontrent directement ce potentiel : par exemple, les startups de l'agrotech redéfinissent l’agriculture pour la rendre plus durable, plus verte et plus efficace ; les innovations de fintech développent des solutions pour les PME et les acteurs de l’économie informelle afin de les accompagner vers la formalisation ; les entrepreneurs de l’edtech proposent des solutions permettant d’apporter l’éducation aux zones rurales isolées et ainsi de réduire les inégalités.

Mais en même temps, le sommet Startup20 d’Afrique du Sud a introduit plusieurs innovations en matière de priorités thématiques et d’objectifs politiques. 

Sous la direction dela Nation arc-en-ciel, le travail de Startup20 cette année a été organisé autour de cinq groupes de travail distincts, lesquels ont poursuivi et élargi les efforts entrepris depuis la présidence de l’Inde. Les voici : 

  • D'abord, Foundation and Alliances : ce groupe a couvert les éléments fondamentaux nécessaires à des écosystèmes de startups dynamiques et, pour la première fois depuis la création de Startup20, a mis en avant le rôle essentiel de l’éducation à l’entrepreneuriat et des compétences pour stimuler l’innovation au sein du G20.
  • Ensuite, Finance and Investment : ce groupe est centré sur la nécessité d’un flux d’investissements plus largement réparti ainsi que d’outils de financement, notamment vers les marchés émergents, souvent perçus — à tort ou à raison — comme trop risqués, mais qui demeurent pourtant des moteurs d’innovations de rupture (comme dans les secteurs de la fintech et de l’agritech sur le continent africain).
  • Puis, Inclusion and Sustainability : ce groupe a clarifié le lien entre innovation et Objectifs de développement durable (ODD) - sans innovation et sans nouveaux modèles économiques, leur réalisation sera très difficile, et les startups, grâce à leurs approches innovantes, font clairement partie de la solution.
  • Trade and Market Access : ce groupe a souligné la nécessité, pour que les startups prospèrent, de disposer d’espaces de marché intégrés avec des barrières minimales pour les entrepreneurs. L’exemple de la ZLECAf, la Zone de libre-échange continentale africaine, est apparu de manière proéminente dans les travaux de ce groupe en tant qu’outil essentiel pour accélérer l’entrepreneuriat et l’innovation sur le continent, attirer des investissements, des talents, et réduire les risques associés aux parcours entrepreneuriaux.
  •  Enfin, Entrepreneuriat dans les townships et les zones rurales : ce groupe de travail a analyse’ les conditions nécessaires pour développer l’entrepreneuriat et l’innovation au-delà des grandes zones métropolitaines. La jeunesse de la population africaine (âge médian de 19 ans) et les taux de chômage élevés rendent l’entrepreneuriat et le développement des PME particulièrement cruciaux pour l’avenir économique du continent.
Cinq groupes de travail distincts ont travaillé sur la rapport de Startup20 à Johannesburg.
Cinq groupes de travail distincts ont travaillé sur la rapport de Startup20 à Johannesburg.

Ce qui est ressorti du Startup Summit

Au bout du compte, le sommet Startup20 s’est conclu par une nouvelle étape historique : pour la première fois, Startup20 a organisé un concours mondial de startups, au cours duquel des entrepreneurs issus des pays du G20 ont été reconnus et récompensés pour leurs modèles économiques innovants dans des secteurs technologiques essentiels au développement économique de l’Afrique et du G20, ainsi qu’à la réalisation des ODD.

Les cinq catégories de prix Startup20 qui ont été retenus sont les suivantes : health-tech, clean tech, agri-tech, fintech et ed-tech. 

Des startups d’Inde, d’Arabie saoudite, d’Afrique du Sud et du Nigeria ont reçu des prix décernés par la ministre sud-africaine des PME et des Startups, Stella Ndabeni-Abrahams, le président de Startup20, Vuyana Jarana, ainsi que par des responsables de Startup20.

Quid de la prochaine étape pour Startup20 ? 

Au sortir du premier G20 à se dérouler en terre africaine, le travail de Startup20 sous la direction de l’Afrique du Sud est appelé à continuer à se développer. L’Afrique du Sud a déjà annoncé que le travail transformateur du groupe aboutira à la première Startup Act en Afrique du Sud, l’objectif étant d’encadrer et de soutenir par des politiques publiques les entrepreneurs et les acteurs de l’écosystème d’innovation. 

Cela donne à penser que nous avançons vers une institutionnalisation de Startup20 en tant que groupe dans le dessein de continuer à accélérer et renforcer l’écosystème mondial de l’innovation. Le début d’une démarche dont on peut raisonnablement attendre des fruits encourageants. (TransContinentsAfrica)

* Member of the Board UAEFI; Co-Chair Inclusion Task Force Startup20 India; Member ESG Task Force Startup20 Brazil; Member of International Secretariat Startup20 South Africa.

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280