Sénégal : le Magal de Touba au patrimoine culturel immatériel

RECONNAISSANCE. Parmi les plus grands rassemblements religieux d’Afrique de l’Ouest, le Grand Magal de Touba est ainsi consacré.

Sénégal : le Magal de Touba au patrimoine culturel immatériel

La prise de conscience se poursuit quant à la valorisation des pratiques religieuses et culturelles enracinées dans l’histoire du Sénégal. L’inscription du Grand Magal de Touba au patrimoine culturel du pays par un arrêté signé par la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diène Gaye, en est une illustration éclatante.

Celle-ci vise assurément à préserver, transmettre et promouvoir ce patrimoine vivant, profondément ancré dans l’identité sénégalaise. 

Par ailleurs, cette inscription s’ajoute à celle d’autres éléments majeurs du patrimoine national comme le rituel du Xooy (les prédictions des Saltigués sérères) ou le thiouraye (l'encens traditionnel) contribuant à renforcer la place du Sénégal sur la carte du patrimoine culturel mondial. Mais qu'en est-il du Grand Magal ? 

Un vecteur de transmission spirituelle et culturelle

Célébré chaque année à Touba, ville sainte fondée par Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, le Grand Magal commémore le départ en exil du fondateur du mouridisme. En 1895, il avait été envoyé au Gabon par les autorités coloniales.

Chaque année, l’événement mobilise des millions de pèlerins venus du Sénégal et de la diaspora, dans un élan de foi, de solidarité et de dévotion.

Pour cette année, célébré le 13 août, le Grand Magal garde sa puissance de place de convergence des fidèles mais aussi de rayonnement autant au Sénégal qu'à l'international à commencer par les pays africains.

Chaque année, une importante foule de fidèles se rend à Touba pour effectuer le pélerinage du Grand Magal de Touba. 
Chaque année, une importante foule de fidèles se rend à Touba pour effectuer le pélerinage du Grand Magal de Touba. 

Au-delà de sa dimension spirituelle, le Grand Magal de Touba constitue un puissant vecteur de transmission culturelle. Récitation des khassaïdes c'est à dire des poèmes religieux, hospitalité traditionnelle appelée "berndé", savoir-faire culinaires, mobilisation communautaire, arts sacrés et oraux sont au programme de cet événement incontournable pour les fidèles Mourides.

A travers ce classement au patrimoine immatériel sénégalais, l’État entend désormais accompagner ces expressions dans un cadre de la protection et de la valorisation de faits culturels et religieux.

"Le Magal est bien plus qu’un événement religieux", a indiqué la ministre Khady Diène Gaye. "C’est un pilier de notre mémoire collective, un symbole de résistance et de paix", a-t-elle ajouté. Et de préciser : "Cette inscription est un hommage à Cheikh Ahmadou Bamba et à l’œuvre des communautés mourides”.

Un plan de sauvegarde prévu

Dans la volonté d'aller plus loin, le ministère a prévu, en concertation avec la communauté mouride, l’élaboration d’un plan de sauvegarde et de mise en valeur. De quoi ouvrir la voie vers une démarche vers une candidature du Grand Magal de Touba au patrimoine culturel immatériel de l’humanité sous les auspices de l’UNESCO. (TransContinentsAfrica)

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