Sénégal : ce conflit qui couve au sommet de l’Etat

TENSION. Les étincelles du conflit sont pour le moment autour de la présidence de la coalition Diomaye qui a porté l’actuel chef de l’Etat à la magistrature suprême mais le feu pourrait s’étendre.

Sénégal : ce conflit qui couve au sommet de l’Etat

Peut-il y avoir aujourd’hui un conflit d’autorité concernant le PASTEF et la coalition Diomaye entre l’actuel président de la République et le premier ministre Ousmane Sonko sans que cela n’impacte le  fonctionnement des institutions au sommet de l’Etat ? La réponse est dans la question et illustre la gravité de la situation qui couve au Sénégal depuis ces trois derniers jours.

Que se passe-t-il ? Alors que le chef de l’État a annoncé le remplacement de la présidente de la coalition “Diomaye président” par l’ancienne Première ministre Aminata Touré, le PASTEF, présidé par le premier ministre, a marqué son opposition en  lui déniant l’autorité sur la coalition. Par suite, il a rejeté la nomination d’Aminata Touré révélant au grand jour les fractures au sein de la famille politique qui a remporté l’élection présidentielle de mars 2024.

Diomaye a pris la décision de démettre Aïssatou Mbodji…

Deux documents rendus publics mardi soir permettent de mieux comprendre la situation. 

D’abord, dans une lettre d’information datée du 11 novembre 2025, le chef de l’État annonce avoir mis fin, depuis le 10 septembre dernier, aux fonctions d’Aïssatou Mbodj à la tête de la coalition présidentielle. Il justifie cette décision par la nécessité d’une « réorganisation » pour rendre la coalition “plus opérationnelle, mieux structurée et pleinement performante”.

Le président Faye a désigné Aminata Touré, ancienne superviseure générale de sa campagne électorale, pour conduire ce processus de restructuration, déplorant “la léthargie et les facteurs de division” qui persistent deux mois après sa demande initiale.

Mais le PASTEF lui a contesté l’autorité pour prendre cette décision

Ensuite,  dans un communiqué publié le même jour, le Bureau politique national du PASTEF a contesté frontalement les décisions présidentielles. Aussi le parti a-t-il souligné que le processus de restructuration “a déjà été entrepris” sous la conduite d’Aïssatou Mbodj, aboutissant à la production de textes préparatoires incluant une charte, un règlement intérieur et une proposition de nouveau nom : “APTE” pour  Alliance patriotique pour le travail et l’éthique”.

Le PASTEF rappelle que “Bassirou Diomaye Faye n’a pas le pouvoir de démettre Aïssatou Mbodj, qui a été désignée par la Conférence des leaders”, ajoutant que “la coalition n’a jamais eu comme président Bassirou Diomaye Faye, qui en était uniquement le candidat”.

Bassirou Diomaye Faye avait en effet été désigné candidat du PASTEF à l’élection présidentielle initialement prévue en février 2024 et reportée à mars de la même année, après qu’Ousmane Sonko, leader du parti, s’était vu empêcher d’être candidat. Alors secrétaire général du PASTEF, le candidat de la coalition Diomaye Président a remporté le scrutin face à Amadou Bâ, candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar de l’ancien président, Macky Sall. Après son accession à la magistrature suprême, le chef de l’État a démissionné des instances de décisions du PASTEF.

Le PASTEF s’est en plus démarqué d’Aminata Touré

Le parti se démarque également d’Aminata Touré, affirmant ne partager avec elle “ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes”. Le PASTEF annonce poursuivre son propre agenda, notamment “parachever la coalition APTE, sous la présidence de Aïssatou Mbodj”.

Une séquence qui en dit long sur une tension forte entre Bassirou Diomaye Faye et le PASTEF et qui ne saurait cacher des divergences entre le président et le premier ministre Ousmane Sonko. (TransContinentsAfrica) 

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