C’est un signal autant politique que social qu’a envoyé le Conseil des ministres qui s’est penché sur le projet de loi de finances 2026. Après les événements impulsés par la GenZ 212 et le discours royal devant les membres des deux Chambres du Parlement à l’occasion de l’ouverture de la dernière année législative du mandat, l’attente était forte quant à ce qui sortirait du Conseil des ministres présidé par le roi Mohammed VI. Les délibérations montrent que l’écoute du mouvement a été attentive.
10% du PIB marocain affectés à la Santé et à l’Education
Ainsi, le projet de loi de finances (PLF) du Maroc pour 2026 allouera 140 milliards de dirhams (15 milliards de dollars) à la Santé et à l'Education, soit une augmentation de 16 % par rapport à l'année dernière.
Cet effort financier renforcé devrait aboutir à prévoir plus de 27 000 postes budgétaires. Plusieurs infrastructures hospitalières devraient être inaugurées ou modernisées à Agadir, Laâyoune et Rabat. Parallèlement, la réforme éducative devrait être accélérée et l’enseignement préscolaire généralisée.

Concrètement, les dépenses proposées pour les deux secteurs équivaudraient à environ 10 % du Produit intérieur brut (PIB) du Maroc. Pour bien en saisir la portée, il convient d’intégrer que l’économie marocaine devrait enregistrer une croissance de 4,8 % en 2025 contre 3,8 % en 2024 et ce “grâce à la demande intérieure et à la performance du secteur non agricole”, selon les mots du communiqué du Palais royal. Quant au déficit, il devrait être de 3,5 % par rapport au PIB alors que l’inflation devrait être contenue à 1,1 %.
Projet de Loi de finances : ses piliers et ses axes
Au regard des urgences tournées vers l’avenir mais aussi de celles du présent, le Projet de Loi de Finances 2026 va s’appuyer sur quatre piliers considérés comme stratégiques : d’abord, la conviction que la consolidation des acquis économiques passe par la stimulation de l’investissement privé national et étranger, ensuite celle selon laquelle le pacte de l’investissement doit être déployé, puis une autre induisant qu’il est l’heure de lancer l’offre nationale en hydrogène vert, enfin la dernière : le soutien aux TPME doit être renforcé.
Préoccupation sociale et territoriale prise en compte
Au-delà, le PLF intègre une nouvelle génération de programmes territoriaux intégrés visant la promotion de la régionalisation avancée, l’inclusion des zones vulnérables et la priorité à l’éducation, à la santé et à l’emploi des jeunes.
Autre axe essentiel : le renforcement de l’État social. A cet effet, le PLF prévoit la généralisation de la protection sociale, l’élargissement du programme d’aide directe à quatre millions de familles, la hausse des aides aux enfants et l’extension des régimes de retraite et de chômage.
Les structures, le militaire et les élections générales pas en reste
Des réformes structurelles sont aussi prévues. Elles incluent la modernisation de la gestion budgétaire, la restructuration du portefeuille public, l’amélioration de la performance de l’investissement public et la poursuite de la réforme judiciaire.
Sinon, le Conseil des ministres a également approuvé plusieurs projets de loi organiques et deux décrets relatifs au domaine militaire, reflétant la volonté du Royaume de moderniser son cadre réglementaire et de renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles des Forces armées royales.
Les élections générales aussi
Par ailleurs, le Conseil a adopté deux projets de loi en prévision des prochaines élections générales, comprenant des mesures visant à promouvoir la participation des femmes et des jeunes et à prévenir la corruption, comme l’interdiction de se présenter pour les candidats reconnus coupables d’un crime ou d’une violation. Selon les propositions, les candidats de moins de 35 ans seraient soumis à des règles de candidature simplifiées et bénéficieraient d’un soutien financier couvrant 75 % des coûts de leur campagne. (TransContinentsAfrica)
