Rumba congolaise : le Festival international des étoiles met le cap sur Paris

CHEMIN. Après une “Nuit des légendes de la Rumb” à Kinshasa, le FIET de Serge Kayembe tient sa 16e édition à Paris du 27 au 29 novembre 2026. Objectif : faire du festival un carrefour culturel et économique entre l'Afrique et l'Europe.

Rumba congolaise : le Festival international des étoiles met le cap sur Paris

Le 8 août 2026, Kinshasa a vibré au rythme de sa musique la plus emblématique. Plus d'une vingtaine de grands noms de la rumba, venus des deux rives du fleuve Congo, se sont retrouvés sur scène pour la “Nuit des légendes de la Rumba”. Parmi eux, Jeannot Bombenga, Gina Efonge, Bozi Boziana, Lita Bembo, Mbilia Bel, Faya Tess ou encore Papy Tex.

La soirée, placée sous le patronage du ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, n'était pas une fin en soi. Elle servait de prélude à la 16e édition du Festival international des étoiles (FIET), programmée à Paris du 27 au 29 novembre 2026. Pour son promoteur, Serge Kayembe, ce rendez-vous parisien traduit “la maturité de cette organisation”, après un parcours fait de réussites et de revers.

Les droits d'auteur en toile de fond

Deux jours avant le concert, le 6 août, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu à la Primature une délégation de vétérans de la rumba. Elle était conduite par la ministre de la Culture, Yolande Elebe, et par Serge Kayembe.

Au cœur des échanges : la protection de la création musicale. Les artistes demandent que les auteurs et interprètes profitent davantage des revenus générés par leurs œuvres. Une revendication ancienne, dans un pays où la rumba irrigue les ondes de tout le continent sans que ses créateurs en tirent toujours les dividendes.

Le promoteur a, de son côté, plaidé pour un accompagnement institutionnel de l'État en faveur du festival. Selon lui, la cheffe du gouvernement a été attentive et a évoqué des pistes pour le développement du secteur culturel.

Un promoteur venu du petit écran

Né en octobre 1968 à Likasi, dans le Haut-Katanga, Serge Kayembe Muadiavita a fait ses premières armes comme speaker à l'OZRT, l'actuelle RTNC. À partir de 1994, il anime l'émission “Club Vacances” à la télévision nationale. En 2002, il bascule dans la production de spectacles et travaille avec Defao, Debaba ou encore Youssou Ndour.

Il lance ensuite le FIET, créé en 2004 selon ses promoteurs, qui revendiquent aujourd'hui quinze éditions et vingt-deux ans d'existence. Il a également fondé sa structure, SEK-Production, et préside l'association Génération Consciente.

Un carrefour Afrique-Europe

Le festival ne se veut plus seulement musical. Ses initiateurs le présentent comme un lieu de rencontre entre artistes, investisseurs, entrepreneurs et institutions. L'escale parisienne s'inscrit dans cette logique d'internationalisation. Serge Kayembe entend positionner le FIET comme un espace de coopération économique et culturelle entre l'Afrique et l'Europe.

Paris n'est pas un choix anodin. La capitale française abrite l'une des plus importantes diasporas congolaises d'Europe et reste, depuis des décennies, une place forte de la production musicale africaine.

Un patrimoine en quête de valeur économique

Depuis décembre 2021, la rumba congolaise figure sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco, au titre d'une candidature conjointe des deux Congo. Cette reconnaissance a consacré un héritage. Elle n'a pas, à elle seule, réglé la question de sa valorisation.

Le FIET s'inscrit dans un mouvement plus large : celui d'industries culturelles africaines qui cherchent à transformer leur rayonnement en retombées économiques, à structurer leurs filières et à protéger leurs créateurs. De Kinshasa à Paris, la rumba pose désormais une question qui dépasse la scène : celle de la place de la culture dans les stratégies de développement du continent. (TransContinentsAfrica)

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