Le compte à rebours touche à sa fin. Samedi 31 octobre, au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio, le président Bassirou Diomaye Faye ouvrira officiellement les quatrièmes Jeux olympiques de la jeunesse d’été. Jamais une compétition olympique ne s’était tenue sur le sol africain.
Le spectacle, conçu par des talents du continent, se jouera de 18 h 30 à 20 h dans une enceinte de 55 000 places. La flamme, après avoir sillonné le pays, y allumera la vasque.
Il faut dire que le chemin aura été long. Attribués à Dakar en 2018 lors de la session du CIO à Buenos Aires, ces Jeux devaient se tenir en 2022. La pandémie de Covid-19 les a repoussés de quatre ans.
En tout cas, jusqu’au 13 novembre, environ 2 700 athlètes de 15 à 17 ans s’affronteront dans 25 sports, sur huit sites répartis entre Dakar, Diamniadio et Saly. Le baseball ouvrira le bal dès le 30 octobre, avant même la cérémonie.
Des innovations : parité, réfugiés et formats inédits
Et s’il y a une chose qui marque d’ores et déjà ces JOJ, c’est qu’ils cumulent les premières. Une parité totale filles-garçons, inédite dans l’histoire de la compétition ; une équipe olympique des réfugiés, et des formats pensés pour la jeunesse. Ainsi du basket à trois, futsal, aviron côtier, lutte sur le sable à Saly.
Le pays hôte aligne 136 athlètes dans 23 sports, qui ont reçu le drapeau national le 26 octobre au Palais de la République. Plus de 800 sportifs africains sont attendus. La France, deuxième délégation, en engage 69.
Le choix de Jeux sobres
À la tête du comité d’organisation (Cojoj), Mamadou Diagna Ndiaye situait mi-octobre l’avancement des préparatifs à 92 %. Il fixe le budget opérationnel à 32 milliards de francs CFA, financé à 60 % par le CIO et ses partenaires, et récuse les 80 milliards évoqués ici ou là. Les investissements de l’État, à savoir les routes, l’eau, les stades, viennent en sus.
La ligne est claire : rénover plutôt que construire, pour éviter les “éléphants blancs” qui plombent tant d’héritages olympiques. Le stade Iba-Mar-Diop a été réhabilité. Le Village olympique, installé à l’université Amadou-Mahtar-Mbow de Diamniadio, deviendra un campus dès la fin des épreuves.
Le Premier ministre a arrêté 30 mesures de finalisation, de la mise en service du TER entre Diamniadio et l’aéroport Blaise-Diagne aux dispositifs douaniers. Quelque 6 000 volontaires sont mobilisés. L’État a donc mis les bouchées doubles.
Une vitrine assurément et bien plus
Pour ce qui est de l’enjeu de formation, environ 400 jeunes professionnels de 30 pays africains sont formés au sein de la Learning Academy du comité. Un vivier de compétences pour l’événementiel sportif du continent, appelé à servir bien après la cérémonie de clôture.
Sinon, l’esprit des Jeux se veut aussi celui de la Teranga. “Dakar accueille, l’Afrique célèbre”, proclame le slogan, porté par Ayo, la mascotte, un jeune lion coiffé d’un bonnet. Le jour de l’ouverture se tiendra aussi un Sommet de Dakar consacré au sport pour le développement.
Un signal pour tout le continent
Le CIO est désormais présidé par la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, première Africaine à ce poste, qui s’est dite « très satisfaite » des préparatifs. Le Maroc co-organisera le Mondial de football 2030. Longtemps spectatrice des grands rendez-vous sportifs, l’Afrique en devient un hôte crédible, de Rabat au Caire, d’Abidjan à Nairobi. Le symbole dépasse donc le Sénégal.
Reste à transformer l’essai. Si Dakar 2026 tient ses promesses, une candidature africaine aux Jeux olympiques d’été, jamais organisés sur le continent, ne relèvera plus du rêve. Elle deviendra un dossier. (TransContinentsAfrica)
