Réserves forestières : le Ghana y interdit l'exploitation minière

PROTECTION. Cette décision a été prise par le gouvernement dans le cadre de vastes mesures de protection de l’environnement. A ses côtés, les acteurs privés aussi multiplient les initiatives.

Réserves forestières : le Ghana y interdit l'exploitation minière

Préserver les réserves forestières ainsi que les masses d’eau, mettre fin à la déforestation : le Ghana multiplie les initiatives pour trouver les moyens de profiter de son potentiel minier sans porter préjudice de manière irrévocable à ses richesses environnementales. Il faut dire qu’en tant que premier producteur d’or d’Afrique, le Ghana doit lutter contre une forte proportion d’exploitation minière à petite échelle mal réglementée qui menace de détruire les espaces de production de cacao, de dégrader les forêts et les rivières et d’accroître les risques de durabilité pour un secteur minier stratégique. 

Les mines illégales, une véritable menace

Selon les données du gouvernement, l’exploitation minière illégale s’étend désormais à 13 des 16 régions du Ghana, y compris les principales zones de culture du cacao dans les régions d’Ashanti, de l’Ouest et de l’Est. Les autorités ont réorganisé le secteur en délivrant des licences aux mineurs artisanaux, en créant des programmes communautaires et en déployant des mesures de sécurité pour lutter contre l’exploitation minière et le commerce de l’or illégaux.

Les mineurs industriels signalent des incursions fréquentes d’opérateurs illégaux dans les concessions, obligeant des opérateurs clés comme Gold Fields, AngloGold Ashanti, Newmont et Asante Gold à accélérer les investissements dans les systèmes de sécurité, les drones de surveillance et les programmes d’engagement communautaire.

Une politique environnementale à l’offensive

Face à cette situation, les autorités ont décidé de réagir. Ainsi du règlement sur la protection de l’environnement (exploitation minière dans les réserves forestières) introduit en 2022 et qui a autorisé l’exploitation minière contrôlée dans les réserves forestières.

L’abrogation du corpus juridique d’avant a pris effet cette semaine après une période constitutionnelle de 21 jours et donnera au deuxième producteur mondial de cacao des outils juridiques plus solides pour protéger les forêts, les sources d’eau et les terres agricoles, a déclaré le ministère dans un communiqué mercredi soir.

Cette décision marque un changement majeur dans la politique environnementale du Ghana, rétablissant les protections des forêts après l’ouverture de près de 90 % des réserves à l’exploitation minière, a déclaré Daryl Mensah-Bonsu de Da Rocha Ghana, un défenseur de l’environnement cité par Reuters.

Des raisons d’augmenter le niveau de vigilance

“L’abrogation à elle seule ne sera pas la panacée... Nous avons maintenant l’occasion de résoudre les problèmes initiaux d’empiètement de l’exploitation forestière et de l’agriculture et de mettre en place un programme national de développement forestier pour restaurer et développer nos forêts au service des générations présentes et futures”, a indiqué le ministre de l’Environnement par intérim, Emmanuel Armah-Kofi Buah. 

Et de déclarer en guise de conclusion : “Des forêts saines apportent des précipitations, protègent nos fermes et donnent vie à nos communautés. Des rivières propres garantissent notre eau potable et notre avenir”. De quoi justifier le volontarisme avec lequel le gouvernement aborde la question cruciale de la protection des réserves forestières. (TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280