C’est à une déclaration de principes fixant le nouveau calendrier que les représentants de la RDC et ceux du M23 ont abouti à Doha samedi dernier après des mois de médiation qatarie entamée en avril. Le mois dernier, les ministres des Affaires étrangères rwandais et congolais ont signé un accord de paix et ont rencontré Trump à la Maison Blanche.
Les Etats-Unis impliqués et satisfaits
À l’époque, Donald Trump a invité le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame à Washington pour signer un ensemble d’accords pouvant inclure des accords économiques.
Les États-Unis, qui ont accueilli des pourparlers séparés entre les gouvernements du Congo et du Rwanda, ont exercé des pressions pour finaliser un accord de paix durable au Congo.
Le président Donald Trump a clairement indiqué qu’il espérait que cela stimulerait les investissements occidentaux dans un pays riche en tantale, en or, en cobalt, en cuivre, en lithium et en autres minéraux.

Les États-Unis ont salué la déclaration de principes entre le Congo et les rebelles et ont exhorté à la poursuite des discussions pour parvenir à un accord de paix complet. “Nous félicitons les parties d’avoir franchi cette étape importante vers la promotion d’une paix et d’une stabilité durables dans la région des Grands Lacs”, a déclaré la porte-parole du département d’État américain, Tammy Bruce.
La situation sur le terrain
Le groupe rebelle M23, dans le dernier d'une série de soulèvements, contrôle Goma, la plus grande ville de l'est du Congo, depuis la fin du mois de janvier et a également réalisé des avancées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le Rwanda a longtemps nié les allégations selon lesquelles il aurait aidé le M23, qui a conquis plus de territoires au Congo qu’il n’en a jamais détenus auparavant. Les combats ont tué des milliers de personnes et en ont déplacé des centaines de milliers d’autres cette année, tout en augmentant le risque d’une guerre régionale à grande échelle. Plusieurs des voisins du Congo avaient des troupes déployées dans l'est du Congo lorsque l'avancée a commencé.
Le Qatar en maître de cérémonie
Le ministre d'État aux Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, a déclaré lors d'une conférence de presse que la déclaration de samedi “jette les bases d'une nouvelle phase de partenariat entre les différentes composantes de la société en République démocratique du Congo, y compris les mouvements armés qui ont choisi de donner la priorité à l'intérêt national supérieur”.
Elle a été provoquée par des pourparlers qui ont suivi une rencontre surprise entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, négociée par le Qatar en mars, au cours de laquelle ils ont appelé à un cessez-le-feu "immédiat et inconditionnel".

Le Congo avait précédemment rejeté l’idée de tenir des pourparlers avec le M23, le qualifiant de groupe terroriste.
Tout en niant avoir soutenu le M23, le Rwanda a déclaré que ses forces avaient agi en état de légitime défense contre l’armée congolaise et les miliciens ethniques hutus liés au génocide rwandais de 1994.
Des points saillants de conflit
Des sources des deux délégations ont exprimé leur frustration face au rythme des négociations à Doha et à l’absence de progrès sur les mesures de confiance, notamment la libération des membres du M23 détenus par le Congo et la réouverture des banques dans les territoires tenus par les rebelles.
Déclaration de principes : ce qu’il y a et ce qu’il n’y a pas
La déclaration de principes ne résout pas ces problèmes, mais engage plutôt les parties à “créer les conditions nécessaires” pour y parvenir.
Elle n’aborde pas non plus les questions plus importantes concernant les retraits possibles des Rwandais et du M23 de l’est du Congo. Elle indique que le Congo et le M23 conviennent que l’autorité de l’État doit être rétablie « sur tous les territoires nationaux » dans le cadre d’un éventuel accord de paix, mais ne donne pas de détails.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a néanmoins déclaré sur X samedi que la déclaration “prend en compte les lignes rouges que nous avons toujours défendues, y compris le retrait non négociable” du M23.
La suite se joue entre le 8 et le 18 août
Les négociations en vue d’un accord de paix doivent commencer au plus tard le 8 août, selon la déclaration, ce qui donnerait aux parties moins de deux semaines pour finaliser un accord si elles respectent leur nouvelle échéance du 18 août.
"Nous sommes confiants et nous avons bon espoir”, a déclaré à Reuters Massad Boulos, conseiller principal de Trump pour l’Afrique, après la cérémonie de samedi à Doha, ajoutant que Tshisekedi et Kagame “se sont tous deux engagés à résoudre ce problème”. De quoi transformer la lueur d’espoir en une paix durable. (TransContinentsAfrica)
