RD Congo : le séisme de la condamnation à mort par contumace de Kabila, l’ex-président

COUP. C’est un tribunal militaire qui a prononcé la sentence sur la base d’une culpabilité de crimes de guerre, de trahison et de crimes contre l’humanité.

RD Congo : le séisme de la condamnation à mort par contumace de Kabila, l’ex-président

Une condamnation à mort pour un ex-chef d’Etat, voilà une sentence d’une gravité exceptionnelle. Mais qu’est-ce qui a conduit l’ex-préésident Joseph Kabila à se trouver dans une telle situation ? 

L'affaire découle de son rôle présumé dans le soutien à l'avancée des rebelles du M23 adossés comme on le sait sur le Rwanda dans l'est instable du Congo. Kabila, qui a dirigé le Congo de 2001 à 2019, a nié tout acte répréhensible et a déclaré que le pouvoir judiciaire avait été politisé.

Un verdict lourd en liberté et en réparations

Président du tribunal à Kinshasa, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi a déclaré que Joseph Kabila avait été reconnu coupable de meurtres,  d’agressions sexuelles, de tortures et d’insurrection.

“En appliquant l'article 7 du Code pénal militaire, le tribunal impose une seule peine, à savoir la plus sévère, qui est la peine de mort”. 

Kabila n’a pas assisté au procès et n’était pas représenté par un avocat. Ni lui ni ses représentants n’étaient immédiatement disponibles pour commenter. Son lieu de résidence n’était pas connu immédiatement. 

Il faut dire que Kabila, qui a passé près de deux décennies au pouvoir et n’a démissionné qu’après des manifestations meurtrières contre lui,  réside principalement en Afrique du Sud depuis la fin de 2023 et ce, bien qu’il soit apparu en mai à Goma, dans l’est du Congo, aux mains des rebelles. 

Il a également été condamné à verser environ 50 milliards de dollars de dommages-intérêts divers à l'État et aux victimes.

Parallèlement, le gouvernement de Tshisekedi a suspendu le parti politique de Kabila et saisi les biens de ses dirigeants.

Autant de points qui pourraient, à côté du verdict, alimenter de nouvelles divisions dans une RDC riche en minéraux et qui a subi des décennies de conflits.

Au-delà de la brouille, l’accusation de Tshisekedi

Ayant quitté le pouvoir après avoir conclu un accord maladroit de partage du pouvoir avec son successeur, Félix Tshisekedi, Kabila s’est retrouvé peu après en très mauvais termes avec son successeur. 

Alors que le M23 marchait sur Bukavu, la deuxième plus grande ville de l’est du Congo, en février, Tshisekedi a déclaré à la Conférence de Munich sur la sécurité que Kabila avait parrainé l’insurrection.

Désormais, le M23 contrôle désormais une grande partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les combats ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de personnes déplacées cette année. 

Et maintenant, un accord à mettre en oeuvre

Les deux parties ont signé un accord de paix négocié par les États-Unis en juin, bien qu’elles renforcent toutes deux leurs positions et se blâment mutuellement pour avoir bafoué l’accord, ont déclaré des sources à Reuters.

Le Rwanda, qui a longtemps nié avoir aidé le M23, affirme que ses forces agissent en légitime défense contre l’armée congolaise et les miliciens ethniques hutus liés au génocide rwandais de 1994. (TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280