Pour bien comprendre le cadre dans lequel évolue l’Afrique, il faut savoir que le continent est aujourd’hui au cœur d'une transformation numérique fulgurante. Son économie digitale représente 5,2 % du PIB du continent à 180 milliards de dollars avec un potentiel d’emplois de l’ordre de 140 millions de postes d'ici 2050.
Dans un tel contexte, le rôle du data scientist, expert en analyse de données massives, ce qu’on appelle communément le Big Data, est essentiel. C’est en effet lui qui transforme les données brutes en éléments à mettre en oeuvre permettant ainsi de booster l'innovation dans des secteurs comme la santé, l'agriculture et la finance.
Où en est l’Afrique aujourd’hui ?
Pour ce qui concerne l’Afrique, il faut savoir qu’elle génère un volume de données en croissance de 40 % par an, grâce à 570 millions d'utilisateurs de smartphones et à l'essor du mobile money. Les data scientists exploitent ces données pour résoudre des défis locaux : prédire les récoltes via l'IA en agriculture, optimiser les chaînes d'approvisionnement en santé, ou détecter les fraudes en fintech.
Selon la Banque Africaine de Développement, leur expertise pourrait ajouter 2-3 % au PIB annuel. C’est dire leur impact crucial.
Les défis et les opportunités autour de la formation de Data Scientist en Afrique
Au-delà du déficit de formation dans le domaine vu que seuls 14 % des diplômés africains du supérieur le sont dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, l’Afrique subit par ailleurs le problème de la fuite des cerveaux vers les pays européens et vers les Etats-Unis. C’est une vraie saignée car dans un pays comme le Maroc par exemple, 41 % des dirigeants pointent du doigt le déficit en Intelligence artificielle comme un frein majeur pour les entreprises et pour le pays.
Pour parer à tous ces manques et freins, divers programmes ont été mis en place. Ainsi de l’Africa Citizen Data Scientist tourné vers l’agriculture et la santé. Plus de 250 personnes y ont participé en 2023. Egalement du programme ALX Africa qui se cristallise en des sessions de formation intensive gratuite en data science.
Les entreprises technologiques les plus en pointe ont aussi décidé de s’investir dans la formation de Data Scientist. En 2025, Meta a accepté de financer via Llama Impact Grant des projets africains jusqu'à 20 000 USD. Il y a parallèlement des événements qui contribuent aussi. Ainsi du GITEX Africa qui a lieu au Maroc et qui forment des milliers de Data Scientist à travers des défis d’intelligence artificielle pour les Objectifs de développement durable.
De quoi demain pourrait-il être fait ?
D’ici 2030, avec des hubs comme le Sénégal et son Data Center de Diamniadio, l'Égypte avec son PhD en endodontie à travers l’exploitation de la data pour la santé, l'Afrique pourrait former 100 000 data scientists à travers des partenariats où l’Union africaine et la Banque Mondiale pourraient jouer des partitions ensemble.
Au regard de l’évolution même du métier avec l’hybridation de la cybersécurité avec l’IA, de nombreuses opportunités pourraient se faire jour pour les Africains aujourd’hui même dans des hubs comme Nairobi ou Lagos).
Déjà pilier d’une croissance qui devra être de plus en plus inclusive, le métier de Data Scientist est un point de convergence entre l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les contributions déterminées au niveau national (CDN) au cœur de l’Accord de Paris. Autrement dit, plus qu’un métier du futur, il est une urgence actuelle pour l’Afrique. (TransContinentsAfrica)
