Panafricanisme : Lomé, hôte du 9e Congrès

TOP. Thème retenu : “Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir”.

Panafricanisme : Lomé, hôte du 9e Congrès

C’est en collaboration avec l’Union africaine que le Togo organise au palais des Congrès de Lomé le 9e Congrès panafricain. C’est un événement qui vient à son heure, d’abord, parce le vent de souverainisme qui souffle à travers le continent interpelle fortement le concept de panafricanisme, ensuite, parce que, à l’instar du Ghana et du Bénin, les pays africains ont décidé de faire une place de plus en plus grande aux diasporas outre-Atlantique, celles-là même qui ont impulsé l’idée panafricaniste. 

Willam Edwatd Burghardt Du Bois a ouvert la voie de l'idée panafricaniste où la terre mère africaine est centrale.  
Willam Edwatd Burghardt Du Bois a ouvert la voie de l'idée panafricaniste où la terre mère africaine est centrale.  

Un espace pour se reconstruire

Face aux bouleversements géopolitiques et géo-économiques, le thème retenu pour porter ce 9e Congrès apparaît comme l’illustration de la prise de conscience par les Africains de la nécessité de se réorganiser et de réfléchir à la place que le continent doit désormais occuper sur la scène internationale. L’Afrique a son mot à dire et le thème retenu, à savoir “Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir”, devrait l’y aider. 

L'affiche du 9e Congrès panafricain de Lomé. 
L'affiche du 9e Congrès panafricain de Lomé. 

Autrement dit, ce congrès devrait constituer une plateforme stratégique pour avancer ses propres arguments dans la gouvernance mondiale mais aussi pour mettre en avant les éléments qui vont participer au renforcement de son unité, de sa souveraineté et de son développement endogène.

Un espace pour se propulser dans le concert des nations

“Le 9e Congrès panafricain, acte politique, mémoriel et intellectuel majeur, vise à transformer un ordre international désuet et injuste en un système plus équitable, en s’appuyant sur l’identité renouvelée et la souveraineté affirmée de l’Afrique et de ses peuples”, a d’ailleurs indiqué le communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur. 

Premier président du Ghana, Kwame Nkrumah a porté l'idéal du panafricanisme sur le continent. 
Premier président du Ghana, Kwame Nkrumah a porté l'idéal du panafricanisme sur le continent. 

Un déroulé pour marquer le renouveau du panafricanisme 

Dans cette perspective, les participants, dont des experts et ressortissants de la diaspora africaine, des afrodescendants ainsi que des panafricanistes patentés, échangeront, au cours des sessions plénières et thématiques, des panels ainsi que d’une journée culturelle, sur les défis déterminants qui façonnent l’avenir du panafricanisme et le rôle de l’Afrique dans un monde traversé par des fragilités profondes et des crises multiples et interconnectées.

Le Togolais Gervais Koffi Djondo a matérialisé son panafricanisme à travers la création d'Ecobank et de la compagnie aérienne Asky. 
Le Togolais Gervais Koffi Djondo a matérialisé son panafricanisme à travers la création d'Ecobank et de la compagnie aérienne Asky. 

L’enjeu est de taille car il s’agit rien moins que de marquer de manière  irrévocable le renouveau du panafricanisme mais aussi le renforcement de la voix de l’Afrique sur la scène internationale. Cela justifie que l'événement s'inscrive dans le cadre de la Décennie 2021-2031 proclamée par l'Union africaine pour l'histoire des Racines africaines et de la diaspora africaine, et se tienne 125 ans après le premier Congrès panafricain organisé en 1900 à Londres.

Le cadre général du Congrès

Prévu jusqu'au 12 décembre, le Congrès de Lomé a été présenté comme une plateforme stratégique pour débattre du rôle de l'Afrique dans la réforme de l'architecture mondiale et du renouveau panafricain.

Les travaux ont inclus la restitution des conférences préparatoires tenues en Afrique du Sud, au Mali, au Maroc, au Congo, en Tanzanie et au Brésil, ainsi que des débats sur plusieurs thématiques, dont la place de l'Afrique dans les institutions multilatérales, l'idéal panafricain dans le contexte actuel, la promotion du narratif africain, et la contribution des Africains et afrodescendants au développement économique intégré du continent.

Huit commissions thématiques ont abordé la vision panafricaine projetée sur le XXIe siècle, la réforme du multilatéralisme, la décolonisation des esprits, ainsi que les questions de réparation et de restitution des biens culturels africains. 

Les premiers moments

La cérémonie d'ouverture a été présidée par Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo, en présence du représentant de la Commission de l'Union africaine, Amr Aljowaily, de la vice-présidente de la Colombie, Francia Elena Márquez Mina, ainsi que de la représentante des afrodescendants du Brésil, Marina Duarte.

Dans son allocution, Faure Gnassingbé a souligné que l'Afrique et sa diaspora se retrouvaient "à nouveau debout, réunies, conscientes de leur puissance et de leur unité".

Il a affirmé que le renouveau panafricain constituait une nécessité stratégique, que la réforme du multilatéralisme était devenue une exigence, et que la souveraineté africaine passait aussi par la reconquête du narratif et de l'identité du continent.

"Aucune puissance ne s'est affirmée en laissant les autres raconter son histoire", a-t-il indiqué, appelant à transformer les principes défendus à Lomé en "plan d'action africain crédible et unifié". (TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280