Contre l’une des principales causes de mortalité en Afrique, l’organisme que de l’Union africaine en charge des questions de santé a décidé de sortir la grosse artillerie à travers une feuille de route qui met au centre de son dispositif la surveillance génomique. L’explication indépendamment de la meilleure efficacité attendue de cette approche : non seulement le paludisme persiste mais il progresse.
Quels en sont les axes majeurs ?
Élaborée par un groupe d’experts internationaux en partenariat avec les États membres et les partenaires techniques, la feuille de route repose sur quatre axes majeurs : une approche guidée par les besoins de santé publique, le leadership des pays, une stratégie continentale coordonnée et une mise en œuvre durable.

Les priorités d’action immédiate identifiées incluent la surveillance de la résistance aux antipaludéens, le suivi des délétions des gènes HRP2-3 responsables de certaines erreurs des tests de diagnostic rapide, le monitoring de la résistance des moustiques aux insecticides et la détection des vecteurs invasifs, notamment Anopheles stephensi.
Pour sa mise en œuvre, le plan propose une architecture décentralisée articulée autour de trois niveaux : des laboratoires de référence de l’Africa CDC chargés de la coordination, des centres régionaux d’excellence pour le séquençage et la formation, ainsi que des laboratoires nationaux pour la collecte et l’analyse des échantillons.
Des leçons tirées de l’épisode du Covid-19
La surveillance génomique, désormais considérée comme un outil stratégique, permettra de suivre en temps quasi réel l’évolution du parasite Plasmodium et des moustiques vecteurs. L’objectif est d’obtenir des données précises pour adapter plus rapidement les politiques et interventions de santé publique aux réalités locales.

Selon l’Africa CDC, cette initiative s’appuie sur les acquis du renforcement des capacités génomiques post-Covid-19, qui ont permis à plusieurs pays africains de se doter d’infrastructures et de compétences techniques. “Cette capacité doit désormais être exploitée pour les maladies endémiques comme le paludisme”, indique-t-il cité par l’Agence APAnews.
Une approche plus réaliste du financement et de la formation
La feuille de route met également l’accent sur la durabilité du financement, en préconisant une combinaison de ressources provenant des budgets nationaux, des partenaires au développement et du secteur privé. Elle souligne enfin la nécessité de former et de retenir les talents locaux dans les domaines de la bio-informatique et de la génomique.
“En misant sur la puissance des données génomiques, cette initiative panafricaine constitue un pas décisif vers l’élimination du paludisme et une avancée majeure dans la souveraineté scientifique du continent”, estime l’Africa CDC.
