Orchestra Baobab : vent de nostalgie sur Radio France Internationale

CONCERT. Le légendaire groupe sénégalais s’est produit au festival Musiques Métisses d’Angoulême cet été. C’est sa prestation que RFI a proposée sur ses antennes sur présentation de Laurence Aloir.

Orchestra Baobab : vent de nostalgie sur Radio France Internationale

Rendez-vous est donné dans cette retransmission aux mélomanes et autres nostalgiques de cet orchestre emblématique de l’ambiance musicale qui a précédé le mbalax popularisé par Youssou Ndour au pays de la Teranga. Si son parcours vaut le détour, c’est parce qu’il n’y pas beaucoup de formations musicales qui peuvent se targuer de pouvoir faire vivre ou revivre leurs compositions et leur style cinquante ans après leur naissance. Avant de plonger dans ce concert de juin 2025 que vous pouvez écouter dans le cadre de l'émission Musiques du Monde de Laurence Aloir sur le site de RFI Musique, il convient de cheminer dans l’historique de cet orchestre devenu légendaire. 

Un groupe de musique afro-cubaine inspirée de rythmes traditionnels

Tout commence en 1970 à Dakar quand un collectif de musiciens talentueux originaires du Sénégal mais aussi d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme le Togo se produit  comme groupe musical attitré du Club du Baobab, un lieu prisé des élites locales. Au menu de leurs compositions, des morceaux dont la particularité est de réussir brillamment la fusion de rythmes afro-cubains avec des sonorités et une approche largement inspirées autant de musiques des ethnies wolof, sérère, mandingue et de bien d’autres des diverses régions du Sénégal que des orbites musicales des griots d’Afrique de l’Ouest. Résultat : un style unique, dansant, urbain teinté d’éléments d’enracinement et d’ouverture. 

Un âge d’or jusqu’au milieu des années 80

Pour la scène musicale sénégalaise, c’est un virage important dans un environnement où le Rythm and Blues et la Soul music tenaient le haut du pavé. Pour arriver à cet état de fait, plusieurs figures sont à rappeler notamment le timbalero et chanteur Balla Sidibé, les saxophonistes Issa Cissoko, Thierno Koité et Baro N’Diaye pour ne citer qu'eux. 

Des morceaux devenus des classiques seront ainsi offerts au public jusqu’au début des années 80 posant les fondations d’une histoire qui n’a pas fini d’être écrite. Ainsi de Utrus Horas, Coumba,  Werente Serigne, On verra ça, Nijaay devenus des hits intemporels. 

Mélodies envoûtantes, solos de guitare virtuoses, section rythmique autour d’une batterie, de congas, de guitares d’accompagnement et d’une basse, le tout enveloppé dans des rythmes tropicaux, appelés à l'époque "typiques", puisés aux meilleures sources de la musique afro-cubaine dont les plus représentatifs ont été la Orquesta Aragon, le Sexteto Habanero, la Sonora Matancera, la Orquesta Pancho El Bravo, etc., voilà ce qui a fait la force de l’Orchestra Baobab

La renaissance après l’éclipse 

A la fin des années 80, on assiste à la montée du Mbalax qui, emportant tout sur son passage, va conduire à la dissolution du groupe qui va renaître en 2001 avec la réédition de Pirate’s Choice par le label World Circuit avec lequel le guitariste virtuose Ry Cooder a collaboré pour produire l’album Buena Vista Social Club qui a remis au goût du jour les vétérans du son cubain que sont Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzalez, Compay Segundo. S’en est suivi l’album Specialist in All Styles  sorti en 2002, de quoi à nouveau éclairer la route pour l’Orchestra Baobab pour un retour triomphal sur la scène internationale.

Grâce au retour de membres historiques, le groupe fera le bonheur des festivals et des salles de concerts à travers le monde. Le temps passant, des piliers comme Issa Cissoko en 2019, Balla Sidibé en 2020, Barthélemy Attisso en 2021 nous ont quitté laissant derrière eux un ensemble composé de jeunes et désormais dirigé par Thierno Koité. 

L'Orchestra Baobab dans sa composition actuelle de 2025. 
L'Orchestra Baobab dans sa composition actuelle de 2025. 

Depuis, plus de 500 000 disques ont été vendus et l’Orchestra Baobab, devenu une institution musicale, a renforcé sa renommée mondiale, notamment auprès des amateurs de World Music. Avec le son intemporel qu’il a su imprimer, une nouvelle génération a pris les manettes. Elle vient de produire Made in Dakar confirmant que la graine semée par les anciens a germé et bien germé. 

A titre indicatif, parmi les titres interprétés lors de ce concert du 7 juin 2025 à Angoulême dans le cadre du festival Musiques Métisses, il y a  Utrus Horas, Wanema Ma Guiss, Sutukoum, Anna Maria, Sénégal, Ndiga Niaw et Sibo Odia.

L’Orchestra Baobab, aujourd’hui managé par Abib M’Baye, est composé de Seydou Nourou Koite, directeur musical et au saxo alto, Mamadou Mountaga Koité à la batterie, Zaccharia Koite au chant lead,  René “Boléro” Sowatche à la guitare lead, Yahya Fall à la guitare rythmique, Moussa Sissokho aux  percussions, Malick Sy à la basse, Ndeye Korka Dieng au chant et Wilfrid Ambroise Zinsou au saxo ténor. (TransContinentsAfrica)

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