António Guterres, actuel secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies devrait céder son poste en janvier rochain après ses deux mandats. En attendant, des candidatures à sa fonction ont été enregistrées dont celle de l’ex-président du Sénégal, Macky Sall.
Une candidature formellement notifiée
Selon l’agence britannique Reuters, sa candidature a été formellement notifiée le 2 mars par le Burundi, conformément aux règles qui exigent qu’un État membre propose officiellement un candidat. La même source précise que cette étape marque l’ouverture du processus de consultations en vue de la succession de l’actuel Secrétaire général, António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026.
Des médias sénégalais, dont Seneweb et PressAfrik, indiquent pour leur part que le dossier de candidature a été déposé au siège de l’ONU à New York par le président burundais Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine (UA), traduisant ainsi l’appui institutionnel de l’organisation continentale à l’ancien chef de l’État sénégalais.
A ce niveau, qu'en est-il des réactions suscitées au Sénégal par cette candidature ?
Des réactions contrastées enregistrées au Sénégal
Dans le pays qu'il a présidé pendant douze ans, on est loin de l'unanimité quant à cette candidature.
Ce mardi, la coalition d’opposition du Front pour la défense de la démocratie et de la République composée de 85 partis et sept organisations de la société civile a demandé par courrier au président Bassirou Diomaye Faye de soutenir officiellement la candidature de l’ex-président Macky Sall.
Répondant à Radio France Internationale, Oumar Sarr, son coordonnateur a indiqué que “le soutien du chef de l’Union africaine est le signe que Macky Sall est un bon candidat”. “Le président Macky Sall a été président pendant 12 ans. Au niveau de l’Union africaine, il a joué un rôle assez important pour le développement de certaines initiatives au niveau de l’Afrique. Le voir secrétaire général des Nations Unies serait une excellente nouvelle”, a-t-il ajouté.
A l’inverse de la position de cette coalition, le député du parti au pouvoir, le Pastef, Guy Marius Sagna, au vu des vagues de répression contre l’opposition qui ont marqué le mandat de Macky Sall avec la mort d’au moins 65 manifestants entre 2021 et 2023, est totalement contre un quelconque appui du Sénégal à cette candidature. Au micro de RFI aussi, il a confié que “le président Macky Sall a du sang sur les mains” au regard de sa responsabilté sur la mort d’une “centaine de martyrs assassinés pour avoir refusé le troisième mandat, sans compter la dette cachée”. Et de conclure : “Il ne peut pas être un modèle pour être secrétaire général de l’ONU”.
En attendant la suite, l'ex-président Macky Sall a fort à faire avec une concurrence latino-américaine forte.
Des candidatures concurrentes d’Amérique du Sud en lice
Parallèlement, d’autres candidatures ont été confirmées ou officiellement notifiées. L’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique depuis 2019, a été proposé par l’Argentine le 26 novembre 2025 et a déclaré à Reuters le 3 septembre qu’il se porterait candidat. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet a été désignée candidate par le Chili, le Brésil et le Mexique le 2 février ; elle a été Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (2018-2022) et directrice exécutive d’ONU Femmes (2010-2013). Le président costaricien Rodrigo Chaves a annoncé que l’ancienne vice-présidente Rebeca Grynspan, actuellement secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), représenterait le Costa Rica.
Un processus bien rôdé de désignation
Le processus de désignation prévoit que le Conseil de sécurité des Nations Unies recommande un candidat à l’Assemblée générale des Nations unies, qui procède ensuite à la nomination formelle. D’ici là, des auditions publiques et des consultations diplomatiques sont attendues entre les États membres. (TransContinentsAfrica)
