Mondiaux de Tokyo : Soufiane El Bakkali médaillé mais sans 5e titre consécutif

COUP DE TONNERRE. Dans le 3 000 m steeple qu’il domine depuis plusieurs années, le Marocain Soufiane El Bakkali s’est fait surprendre par le Néo-Zélandais Geordie Beamish.

Mondiaux de Tokyo : Soufiane El Bakkali médaillé mais sans 5e titre consécutif

Voilà un résultat que personne n’attendait tant la suprématie de Soufiane Bakkali n’était plus à démontrer dans le 3 000 m steeple, une distance sur laquelle les Kenyans, longtemps dominateurs, ont passé le flambeau depuis belle lurette à Soufiane El Bakkali. Il faut en effet imaginer que le Marocain avait fait le déplacement de la capitale japonaise pour rien moins que décrocher un cinquième titre d’affilée. Deux fois champion olympique et autant de fois champion du monde, Soufiane El Bakkali semblait plutôt bien parti pour réaliser son extraordinaire pari lorsque ayant pris la tête à la cloche il avait même de l’avance sur ses concurrents mais le sprint de Geordie Beamish en a décidé autrement. 

Le Marocain Soufiane El Bakkali, médaillé d'argent du 3 000 m steeple, a devancé le Kényan Serum, 17 ans, mais a été battu sur le fil par le Néo-Zélandais Geordie Beamish.
Le Marocain Soufiane El Bakkali, médaillé d'argent du 3 000 m steeple, a devancé le Kényan Serum, 17 ans, mais a été battu sur le fil par le Néo-Zélandais Geordie Beamish.

“C'est très difficile pour moi d'accepter ce résultat, mais je dois le faire parce que c'est un sport de haute performance”, a déclaré le Marocain de 29 ans qui ne connaissait même pas le nom de Beamish. “J'ai félicité l'athlète néo-zélandais”, a-t-il dit indiquant : “J'avais une bonne tactique, mais j'ai touché la dernière barrière et perdu mon équilibre. Ce n'était pas le résultat que je voulais, mais le sport gagne ce soir”. Une magnanimité qui fait honneur au grand champion qu’il est. 

Une victoire au finish pour Beamish

Mais comment Geordie Beamish s’y est-il pris ? C’est tout simplement à la suite d’un sprint rageur qu’il a fait la différence décrochant la médaille d’or de champion du monde et laissant Soufiane El Bakkali choqué de s’être fait souffler la victoire si près du Graal d’un cinquième titre. 

Il fait dire que Beamish, célèbre pour son sprint tardif, n’avait jamais renoncé et a fondu sur le Marocain qu’il a fini par devancer de 7 centièmes en réalisant le temps de 8 minutes 33 secondes 88 centièmes. 

Cette victoire a mis fin à une semaine remarquable pour le Kiwi qui, pendant les phases de qualification pour la finale, avait reçu un coup de pied sur la tête alors qu’il restait un tour à parcourir dans la course. 

Le Néo-Zélandais Geordie Beamish exulte après son titre de champion de monde. 
Le Néo-Zélandais Geordie Beamish exulte après son titre de champion de monde. 

En tout cas, personne en dehors de sa famille n'aurait probablement parié sur une médaille pour Beamish, et encore moins sur l'or, car il est arrivé à Tokyo avec la 31e performance de l’année. C’était vite oublier que Beamish avait remporté le titre de champion du monde du 1 500 m en salle l’année dernière et qu’il avait dans ses atouts sa pointe de vitesse. 

“C'était un revirement, n'est-ce pas ? C'était assez irréel”, a-t-il déclaré en souriant. “Je ne peux pas croire à quel point la foule était enflammée. Je me suis juste donné une chance dans les 200 derniers mètres. Je savais que j'avais ça en moi. Je savais que j'allais gagner un mètre avant l'arrivée et c'était suffisant”, a-t-il poursuivi ajoutant : “C'est une première médaille d'or en piste pour la Nouvelle-Zélande lors d'un championnat du monde, ce qui est plutôt cool”. 

Ensuite, s’adressant aux journalistes, il a ajouté : “J'ai apprécié la dernière heure. J'adore le stade. C'est mon rêve. Donc, j'essaie juste de m'imprégner de l'ambiance et d'en profiter autant que je peux”. On le comprend car cette nuit de victoire à Tokyo restera gravée dans sa mémoire à tout jamais. (TransContinentsAfrica)

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