Mondial 2026 : l’Afrique bafouée avant même le début de la compétition

OFFENSE. Désigné par la FIFA, l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan ne participera finalement pas à la compétition. Il a été refoulé à son arrivée à Miami, avant d'être renvoyé vers Istanbul.

Mondial 2026 : l’Afrique bafouée avant même le début de la compétition

Avant le match d’ouverture, cette Coupe du monde nous instruit sur la place assignée à l’Afrique dans une mondialisation qui semble à sens unique. En effet, comment celui qui a été distingué en 2025 du titre de meilleur arbitre africain par la Confédération africaine de football (CAF) et en même temps désigné par la FIFA pour officier durant la prochaine Coupe du monde a-t-il pu être refoulé à l’aéroport de Miami puis renvoyé vers la Turquie comme un vulgaire inconnu qui n’aurait pas rempli toutes les conditions légales d’entrée aux Etats-Unis ? Cette affaire en dit long, quoi qu’on en dise, sur la réalité des vases communicants entre politique, géopolitique et sport. 

Un profil d’excellence pour un symbole fort

Le profil d’Omar Abdulkadir Artan dit beaucoup de choses de ce qui se joue autour de cette Coupe du monde dont les matchs sont répartis sur trois pays : le Mexique, les Etats-Unis et le Canada. Âgé de 34 ans, Omar Abdulkadir Artan avait, signe de la confiance que lui fait la Confédération africaine de football, dirigé la finale retour de la Ligue des champions africaine, saison 2024-2025. Celle-ci avait opposé les Egyptiens du Pyramids FC aux Sud-Africains des Mamelodi Sundowns. 

C’est dire combien sa présence au Mondial 2026 représentait bien plus qu'une nomination de la FIFA. En fait, un symbole fort pour la Somalie qui aurait vu un de ses arbitres participer pour la première fois à cet événement mondial. Aussi, comme le dit l'ancien international somalien Ciise Aden Abshir, à propos de l’incident "cette décision pénalise non seulement l'arbitre, mais aussi le sport africain" .

Un visa valide mais un contexte politique tendu

Pourtant, selon plusieurs sources, Omar Abdulkadir Artan détenait un visa valide. Ce qui explique certainement que les autorités somaliennes n'aient pas reçu d'explication officielle. En tout cas, cet incident intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires aux États-Unis et la Somalie figure parmi les pays soumis à des restrictions d'entrée renforcées.

Réagissant à cette décision, la FIFA a indiqué que “conformément aux précédentes compétitions organisées par la FIFA, c’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire”. Autrement dit, elle prend acte mais ne peut rien faire. De fait, sauf revirement de dernière minute, cette exclusion réduit le contingent d'arbitres africains retenus pour la Coupe du monde 2026 à 51 officiels au lieu des 52 initialement sélectionnés par la FIFA. 

Une atteinte au sport africain dans le concert mondial

Quoiqu’il en soit, il y a fort à parier que ce refoulement n’est que le premier d’une série d’incidents qui promet d’être longue. Bien avant qu’on entre dans la période pré-Mondial, la presse se faisait, déjà fin 2025, l’écho des difficultés d'obtention des visas pour les ressortissants de nombre de pays africains dont des mondialistes comme le Sénégal et la Côte d'Ivoire. La dernière actualité à propos d'une atmosphère contrainte autour de telle ou telle équipe n'est qu’une illustration de plus que l'enceinte sportive n'échappera pas aux vexations observées ailleurs. Dans un tel contexte, il y a tout lieu de s’interroger sur l’équité dans ce Mondial du fait de péripéties inadmissibles dans une compétition de ce niveau. (TransContinentsAfrica)

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