L’Egypte est sortie de la Coupe du monde en 8e de finale mais l'Argentine, championne du monde en titre, a fortement transpiré pour réussir à l’éliminer. À Atlanta, ce 7 juillet, l'Égypte a mené 2-0 après 67 minutes avant d’être renversée à partir de la 79e minute par l’Albiceleste par un but de Cristian Romero (79e minute), un autre de Messi (83e) et un 3e d’Enzo Fernández qui a offert la qualification à l'Argentine dans le temps additionnel (90e+3).
Un match à facteurs et rebondissements multiples
Les Pharaons ont frappé les premiers grâce à Yasser Ibrahim dès la 15e minute. Ils ont ensuite résisté avant de faire le break par Mostafa Ziko à la 67e. Tous les espoirs étaient permis du fait du grand match du gardien égyptien Shobeir jusqu’à la bascule à 11 minutes de la fin du temps réglementaire.
Jusque-là, l'Égypte a tenu face aux 61% de possession et 17 tirs en faveur de l'Albiceleste contre seulement 5 pour les Pharaons, ce qui en dit long sur l'efficacité défensive des Pharaons plutôt que sur une supériorité argentine écrasante.
Cela dit, quand Léo Messi est dans une équipe, il faut se dire qu’il y a un facteur qui peut tout changer. Pour preuve : à 39 ans, l’Argentin est devenu le premier joueur à marquer lors de six matchs à élimination directe consécutifs en Coupe du monde.
À cela, il faut ajouter ce qui s’est passé autour de l'annulation du but de Hassan à la 58e minute, invalidé pour une faute d'Attia sur Lisandro Martínez au début de l'action. Si ce but avait été maintenu, il aurait donné un break décisif à l'Égypte bien plus tôt dans le match. Il a fini par cristalliser la contestation égyptienne qui a crié au truquage.
Un climat de contestation autour du match
Selon Africa Top Sports, un supporter égyptien aurait interpellé vivement les arbitres à leur sortie du terrain avec des gestes suggérant de la corruption, ce qui a poussé la FIFA à analyser les caméras de sécurité pour l'identifier formellement. Cela rejoint le fait que l'Égypte se serait déjà plainte de l'arbitrage en évoquant l'idée d'un tournoi “truqué”.
Dans la même veine, le buteur Mostafa Ziko a tenu des propos très directs après le match, dénonçant un tournoi selon lui mis en scène pour que Messi et l'Argentine soient sacrés champions, avec un arbitrage qu'il juge avoir cherché à casser le jeu égyptien dès le début de la rencontre.
Le sélectionneur Hossam Hassan, lui, est allé plus loin, affirmant que le match était clairement truqué aux yeux du monde entier, et interrogeant ironiquement pourquoi la FIFA aurait convié tout le monde à participer si l'issue était scellée d'avance.
À propos du VAR, le correspondant de la BBC Dale Johnson a pointé une incohérence d'arbitrage, estimant qu'on ne pouvait pas tolérer des contacts légers sans siffler faute pendant tout le tournoi, puis annuler un but sur une simple traction de maillot. Sur les réseaux sociaux, des supporters de plusieurs nationalités (dont plusieurs comptes maghrébins) ont aussi jugé le traitement incohérent entre les deux équipes.
Plainte de la Fédération égyptienne de football
Autant de points qui ont alimenté une polémique qui n’est pas prête de s’éteindre et ce d’autant que la Fédération égyptienne de football a saisi la FIFA d’une plainte. Son président, Hany Abou Rida, réclame à la fois une enquête sur l’ensemble du corps arbitral français et son exclusion du reste de la compétition. Il lui reproche de “graves erreurs d’arbitrage” arguant que l’arbitre français, François Letexier, “a appliqué une politique de deux poids, deux mesures qui a conduit à la défaite de la sélection égyptienne et à son élimination de la Coupe du monde”.
Comme si cela ne suffisait pas, l’instance égyptienne précise avoir demandé l’ouverture d’une enquête visant l’ensemble de l’équipe arbitrale, y compris les arbitres de l’assistance vidéo (VAR), dénonçant “des erreurs flagrantes ainsi qu’un refus persistant de revoir certaines actions que nous estimons favorables à l’Égypte, notamment un but valable et un penalty qui auraient dû être accordés aux Pharaons”.
La Fédération ajoute que son président a réclamé l’exclusion de François Letexier et de toute son équipe arbitrale du reste du Mondial, sous réserve des conclusions de l’enquête, affirmant que ces erreurs constituent "un acte de discrimination à l’encontre de la sélection égyptienne”.
“Cette Coupe du monde est avant tout une affaire de marketing. Ils voulaient que Messi reste dans le tournoi le plus longtemps possible”, a déclaré par ailleurs le sélectionneur égyptien Hossam Hassan.
L’entraîneur du Real Madrid, José Mourinho, a, pour sa part, qualifié l’arbitrage de “vol en plein jour”, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles chaque action impliquant l’Argentine était vérifiée, alors que l’Égypte ne semblait pas bénéficier du même niveau d’attention. (TransContinentsAfrica)
