"La Révolution du Roi et du Peuple constitue une occasion pour mettre en lumière la portée historique et la profonde symbolique de cette glorieuse épopée nationale, gravée dans la mémoire collective des Marocains et porteuse des nobles valeurs de patriotisme, de sacrifice, de fidélité et de symbiose indéfectible entre le Trône et le peuple", indique la MAP, l'agence de presse chérifienne, commentant la commémoration du 73e anniversaire de ce moment fondateur célébré dans la ferveur.
Aux sources de la Révolution
Tout remonte à l'année 1953, décisive dans le processus de la lutte pour l'indépendance et le parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume. De fait, ce moment est resté une source d'inspiration pour poursuivre l'œuvre d'édification du royaume chérifien dans un XXe siècle d'abord marqué par la Guerre froide avant de se conclure par un monde où de nouvelles puissances se sont de plus en plus affirmées.
Le 20 août de cette année 1953, les autorités coloniales ont contraint à l'exil celui qui deviendra le Roi Mohammed V. Leur objectif : "briser la symbiose séculaire unissant le Trône et le peuple et éteindre la flamme de la lutte nationale pour l'indépendance", rappelle la MAP. La conséquence a été exactement le contraire : la détermination des Marocains s'est raffermie et s'est illustrée par une mobilisation populaire sans précédent à travers les différentes régions du Royaume. Avec force, les populations ont exigé le retour du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, figure légitime de la continuité de la nation chérifienne.
Ce moment est considéré comme le début de la fin du joug colonial. Il a pour ainsi dire redonner du souffle à la résistance nationale. Des mouvements de résistance et des organisations secrètes ont vu le jour. Elles ont multiplié les opérations contre les symboles et les intérêts français. Progressivement, un vaste élan de solidarité et de mobilisation s'est développé dans les villes, les villages et jusque dans les zones les plus reculées du royaume.
Une Révolution à inscrire dans un long processus de résistance
À certains égards, cette Révolution s'est inscrite dans le long processus de résistance marqué par de nombreuses batailles. Ainsi de celle d'Elhri dans le Moyen Atlas en 1914, d'Anoual dans le Rif, entre 1921 et 1926, celle de Bougafer à Ouarzazate mais aussi de Jbel Baddou à Errachidia en 1933.
Dans le sillage mais aussi parallèlement à ces épisodes de résistance armée, l'action politique nationale n'a pas été en reste. Il convient en effet de se rappeler de la mobilisation contre le soi-disant Dahir berbère en 1930 ainsi que la présentation, le 11 janvier 1944, du Manifeste de l'Indépendance cristallisant l'aspiration du peuple chérifien à la liberté et à la souveraineté dans l'unité.
Le 9 avril 1947 est une date importante. Ce jour-là, celui qui sera à l'Indépendance le Roi Mohammed V a effectué une visite à Tanger. Celle-ci s'est inscrite dans l'histoire de la dynamique d'émancipation car il y a prononcé un discours historique dans lequel il a affirmé les aspirations du Maroc à l'Indépendance renforçant la communion de la dynastie alaouite et le mouvement national.
De l'indépendance à la quête de l'intégrité territoriale
De quoi allumer une mèche qui a abouti le 16 novembre 1955 au retour triomphal du Sultan, un signe annonciateur de la fin du régime du protectorat. La voie de l'Indépendance était ouverte. Une fois acquise, d'autres faits majeurs sont venus marquer la marche vers l'intégrité territoriale. Tarfaya a été récupéré le 15 avril 1958, Sidi Ifni le 30 juin 1969, et surtout la Marche verte de 1975 a ouvert la voie avant la réintégration du Sahara occidental dans l'entité chérifienne. Plus de sept décennies après les événements du 20 août 1953, le souffle de la Révolution du Roi et du Peuple continue d'inspirer la marche du royaume dans ses aspirations et sa détermination à tenir son destin en mains. Ce qui la rend intemporelle tant elle est désormais inscrite dans la mémoire du royaume chérifien. (TransContinentsAfrica)
