Maroc-France : une si importante Réunion de Haut Niveau

MOMENT. Au-delà de son côté exceptionnel, la dernière édition a eu lieu à Paris en décembre 2019, la RHN des 15 et 16 juillet veut, sur fond d’accords économiques, renforcer le dialogue institutionnel entre les deux pays.

Maroc-France : une si importante Réunion de Haut Niveau

Pour mesurer l’importance plus que symbolique de ce mécanisme de dialogue créé en 1997 entre la France et le Maroc, il faut noter que c’est à l’occasion de cette 15e édition que le chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a fait son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonctions à l’hôtel Matignon à l'automne 2025. Accompagné d'une douzaine de ministres, dont Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères et Laurent Nuñez à l'Intérieur, il va donc rencontrer son homologue marocain Aziz Akhannouch. En perspective, la signature d'une quinzaine d'accords dans des secteurs stratégiques : coopération décentralisée, RER de Rabat, eau, développement de la région Casablanca-Settat, aviation civile, cinéma, résidences d'artistes, enseignement de l'arabe et de l'histoire-géographie dans le réseau français. 

Une RHN dans une dynamique de coopération renforcée

En attendant la concrétisation d’accords dans ces différents domaines, il convient de noter que cette réunion intervient dans un contexte de relance des relations bilatérales et de multiplication des coopérations entre les deux pays. Au fond, cette réunion de haut niveau symbolise la reprise du dialogue institutionnel entre les deux pays.

En effet, la relation entre Rabat et Paris connaît une nouvelle dynamique depuis la décision du président français Emmanuel Macron, en 2024, de soutenir la position marocaine sur la question du Sahara. Cette évolution avait ouvert la voie à une visite officielle du président français à Rabat en octobre 2024, à l’invitation du Roi Mohammed VI, visite au cours de laquelle plusieurs accords économiques et partenariats avaient été annoncés.

De fait, selon les analystes, ce déplacement de la délégation française à Rabat vise à transformer le rapprochement politique en nouveaux projets de coopération entre le Maroc et la France  Sans compter que les deux pays partagent des intérêts communs en matière de lutte contre le terrorisme et de stabilité régionale, particulièrement dans l’espace sahélien. De quoi pousser à une lecture géopolitique fine à partir des sujets qui seront abordés. 

La nécessité d’aborder des dossiers de fond importants

Parmi les dossiers importants, il y a celui de la sécurité intérieure, de la lutte contre l'immigration irrégulière, du crime organisé et du narcotrafic mais aussi de la culture, de l'agriculture, des infrastructures, de l'eau, de la modernisation de l'administration, des industries de défense, de l’intelligence artificielle mais aussi celui lié aux préparatifs de la Coupe du monde 2030.  

A ceux-là, il faut ajouter un dossier judiciaire sensible, celui de la possible extradition vers la France du Franco-Marocain Ismaël Benahmed. Soupçonné du meurtre d'un homme à Paris en 2019, il a été récemment arrêté au Maroc. Pour les deux pays, il s’agit-là d’un test concret  de la coopération judiciaire retrouvée.

La préparation d’un important traité bilatéral

Dans le contexte actuel, la RHN constitue une étape importante dans la préparation d'un futur traité bilatéral franco-marocain. celui-ci est appelé à structurer durablement le partenariat, en prélude à la prochaine visite d'État du Roi Mohammed VI en France. Autrement dit, la tenue à Rabat de cette RHN peut être considérée comme une étape technique de toute première importance avant l'acte diplomatique majeur entre le maroc et la France : la visite royale à Paris.

L’accompagnement d’une nouvelle approche assumée

Ce sont là autant d’éléments qui scellent un basculement de la France au niveau du Maghreb. Il est en effet clair que le Maroc est devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb, le président Macron ne cherchant plus à préserver un équilibre avec Alger, selon l'analyse d'Hasni Abidi (Cermam). C'est donc la confirmation, un an après, de la bascule initiée par la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Certains médias vont plus loin voyant dans toutes ces avancées et tous ces signaux positifs de coopération des raisons d’impulser un narratif faisant du Maroc un pays dans le leadership méditerranéen. C’est le cas d’Atalayar qui présente la visite de Mohammed VI comme scellant "une alliance historique pour diriger la Méditerranée", avec un accent porté sur l'hydrogène vert, les énergies renouvelables et des projets d'interconnexion électrique sous-marine pour injecter l'électricité solaire et éolienne marocaine dans le réseau sud-européen. (TransContinentsAfrica)

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