Né en 1942 à Madagh, Jamal Eddine Al Qadiri Boutchich est le fils de Cheikh Sidi Hamza El Qadiri Boutchich, ancien maître de la confrérie. A la disparition de celui-ci en 2017, il lui succède suivant un testament spirituel rédigé en 1990 qui le désigne comme héritier pour transmettre le dhikr (l’invocation spirituelle) et guider les disciples vers Dieu.
Un parcours empreint de spiritualité et de piété
Formé initialement à la zawiya de Madagh, Jamal Eddine Al Qadiri Boutchich a poursuivi ses études au lycée Moulay Idriss à Fès, puis à la Faculté de la Chari’a et à Dar Al-Hadith Al-Hassania à Rabat. De là, il est sorti avec un diplôme d’études supérieures en en sciences islamiques.
En 2001, il a soutenu sa thèse de Doctorat. Sujet choisi : “L’institution de la zawiya au Maroc entre authenticité et modernité”.
En tant que cheikh, il a consacré sa vie à l’éducation spirituelle, promouvant la piété, la morale, et un soufisme sunnite équilibré entre tradition et modernité.
Discret et peu porté sur les médias, il apparaissait principalement lors d’événements comme le Mawlid, moment de célébration de la naissance du Prophète ou la 27e nuit du Ramadan, attirant plus de 250 000 disciples, un nombre qui illustre un engouement pour la confrérie Boutchichiya qu’il convient d’expliquer.
Histoire de la confrérie Boutchichiyya
Fondée au XIe siècle par Abdul Qadir Jilani, la confrérie a pris le nom “Boutchichiyya” au XIXe siècle en référence à un cheikh qui nourrissait les pauvres avec du “dshisha”, une sorte de porridge, pendant les famines. Sous Cheikh Abbas et Cheikh Hamza (1972-2017), elle s’est modernisée et est devenue l’une des plus grandes confréries soufies du Maroc, avec des disciples dans de nombreux pays.
Il faut dire que la confrérie joue un rôle clé dans la diplomatie spirituelle marocaine, favorisant le dialogue interreligieux et interculturel via des initiatives comme le World Forum of Sufism. Cela a pour conséquence qu’elle attire des “fuqara”, des disciples donc, du monde entier, valorisant l’humilité spirituelle
La maladie et la succession
En janvier 2025, lors de la commémoration du décès de son père, Cheikh Jamal Eddine Al Qadiri Boutchich avait désigne son fils, Moulay Mounir El Qadiri Boutchich, comme successeur spirituel, consolidant les valeurs de la confrérie : bienveillance et proximité avec Dieu.
Tombé malade en avril 2025, c’est sur ordre du roi Mohammed VI qu’il a été évacué médicalement d’Oujda à Rabat. C’est à la suite de son hospitalisation qu’il s’est éteint à 83 ans ce 8 août à l’hôpital militaire de Rabat. Il sera inhumé ce dimanche 10 août à la zawiya de Madagh. (TransContinentsAfrica)
