Mali : Moussa Mara finalement placé sous mandat de dépôt

COUP. Après plusieurs convocations, l’ex-Premier ministre se voit reproché un message publié dans X dans lequel il pointait "un endettement intérieur masqué" derrière une opération de levée de fonds de l'Etat.

Mali : Moussa Mara finalement placé sous mandat de dépôt

Les convocations successives devant le Procureur le laissaient craindre. Moussa Mara a finalement été placé sous mandat de dépôt à la suite de son audition devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Que s’est-il véritablement passé à propos de Moussa Mara dont il faut rappeler qu’il a été le plus jeune Premier ministre de l’histoire du Mali,  entre avril 2014 et janvier 2015, également maire de la Commune IV de Bamako et député à l’Assemblée nationale.  

Les circonstances de la mise en cause

Il y a que Moussa Mara, fondateur en 2010 du parti Yelema (Changement en bambara) aujourd’hui interdit comme tous les partis politiques, a commenté le 4 juillet sur X (ex-Twitter) une opération de levée de fonds initiée par les autorités maliennes dans le cadre d’un appel public à l’épargne. Dans cette publication, il évoquait notamment “un endettement intérieur masqué”. Ce message, relayé par de nombreux utilisateurs, avait déjà fait l’objet d’une audition de l’ancien Premier ministre par la Brigade d’investigations judiciaires de Bamako et par le parquet du Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako.

Mêmes faits, même dossier mais décision différente

Selon son avocat Me Mountaga Tall, “le Procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, saisi des mêmes faits et du même dossier, sans le moindre élément nouveau, a décidé de placer Moussa Mara sous mandat de dépôt et a fixé la date de son procès au 29 septembre prochain”. 

Quatre chefs d’inculpation ont été retenus à son encontre : atteinte au crédit de l’État, opposition à l’autorité légitime, incitation au trouble à l’ordre public et publication de fausses nouvelles attribuées mensongèrement à des tiers dans le but de troubler la paix publique. 

La Défense, qui conteste cette décision et les qualifications retenues, se dit déterminée “à faire triompher le Droit”.

Pour info, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, rattaché au parquet du tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako, est compétent pour instruire les infractions commises à travers les technologies de l’information et de la communication. Il fonde ses investigations sur la loi n°2019-056 du 5 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité.

Une décision du Parquet qui semble avoir été mûrie depuis un petit moment

La convocation de ce vendredi intervient après une série d’auditions successives. Le 15 juillet, Moussa Mara avait été entendu à la Brigade d’investigations judiciaires (BIJ), avant d’être convoqué le 16 juillet par le parquet de la Commune IV. 

Cette première procédure portait sur un autre message publié en ligne, dans lequel il indiquait avoir rendu visite à plusieurs personnes détenues, dont Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, Rose «”La Vie Chère”, Clément Dembélé, Issa Kaou N’Djim et l’imam Bandiougou. Dans sa publication, ces derniers étaient qualifiés de “détenus d’opinion”. 

La justice cherchait alors à établir si les visites avaient été effectuées avec les autorisations nécessaires.

À la suite de ces premiers développements, une mesure d’interdiction de sortie du territoire national avait été prononcée contre lui le 21 juillet 2025, selon des sources proches du dossier.

Plusieurs sources avaient rapporté que la nouvelle convocation de Moussa Mara concernait un message critique à propos de la politique financière de l’État. D’autres ont évoqué les suites judiciaires de l’affaire liée aux visites en détention.

Le parquet n’a pas encore communiqué officiellement sur l’affaire. (TransContinentsAfrica)

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