A l’occasion d’un briefing téléphonique en Afrique du Sud où il assistait vendredi dernier, 25 juillet, à la semaine de discussions du Groupe des 20 premières économies sur le développement mondial, le ministre d’État chargé des relations avec les pays francophones et des partenariats internationaux a fait une déclaration loin d’être anodine à propos du ressenti de Paris dans son rapport avec les questions de sécurité sur le continent.
Un basculement dans l’approche ?
S’adressant à des journalistes, Thani Mohamed Soilihi a souligné que “l’insécurité qui sévit en Afrique de l’Ouest n’est plus une préoccupation de la France”.
“Je suis désolé de le dire, mais cela ne nous concerne plus”, a indiqué Mohamed-Soilihi, en réponse à une question sur le risque d’insécurité posé par l’absence militaire de la France.
"C’est dommage, car tout le monde peut voir la différence entre maintenant et avant”, a-t-il ajouté précisant : "Mais... nous cherchons d’autres moyens de maintenir des liens qui ne sont pas nécessairement militaires”.
"Nous continuons à traiter avec les pays qui le souhaitent”, a déclaré Thani Mohamed Soilihi qui a précisé : Mais... la France ne pourra pas répondre aux problèmes de sécurité des pays avec lesquels il n’y a plus de relation”.
Le scénario d'un départ progressif
Au cours des trois dernières années, la France a progressivement démantelé sa présence militaire autrefois importante dans ses anciennes colonies africaines où elle avait, pendant des décennies, repoussé les militants djihadistes, arrêté des criminels armés, sauvé plusieurs présidents de rébellions armées et, dans le passé, soutenu elle-même des coups d’État.
Depuis 2022, la France a retiré ses soldats du Mali, du Burkina Faso et du Niger, après que des coups d’État militaires ont amené au pouvoir des dirigeants hostiles à sa présence.
Le Tchad, un pilier de la guerre de l’Occident contre les djihadistes au Sahel, a brusquement mis fin à son pacte de coopération sécuritaire avec l’ancienne puissance coloniale.
Une situation de plus en plus critique
Plus d’une décennie d’insurrections au Sahel a déplacé des millions de personnes et engendré un effondrement économique, la violence poussant plus au sud vers la côte de l’Afrique de l’Ouest. Les deux derniers mois ont été marqués par une recrudescence des attaques djihadistes, ce qui en fait l’une des périodes les plus meurtrières de l’histoire du Sahel. (TransContinentsAfrica)
