“Aidez-nous à construire des ponts, par le dialogue, pour être toujours en paix”, tels ont été les premiers mots de Léon XIV désormais sur le trône de Saint-Pierre. Ils résonnent comme un message porteur d’espérance pour l’Afrique et le monde. Cela n’a pas échappé aux dirigeants africains marqués par le pape François qui aura posé une empreinte d’humilité et d’engagement social pendant les dix ans de son pontificat. Sa dernière bénédiction, prononcée à Pâques depuis le balcon du Vatican, résonne encore dans les cœurs. “La paix soit avec vous. Une paix désarmée, désarmante, humble. Dieu nous aime tous, inconditionnellement”, avait-il dit.
Une élection avec une dimension inédite
Le cardinal Robert Francis Prevost, originaire de Chicago, a donc été choisi pour succéder au pape François, décédé en avril à l’âge de 88 ans. Son élection inaugure une première dans l’histoire de l’église catholique : un pape américain sur le siège de Saint-Pierre. Cela dit, il ne faut pas s'y tromper : ses décennies de mission au Pérou et ses racines latino-américaines confèrent déjà au pontificat de Léon XIV une portée profondément universelle, notamment pour un renouveau en matière de paix et de justice.
Léon XIV : une trajectoire d'ouverture
Âgé de 69 ans, Léon XIV est connu pour son rôle de bâtisseur de ponts. Il a notamment œuvré pendant plus d’une décennie au Pérou auprès de communautés marginalisées, y obtenant la nationalité péruvienne. Son parcours pastoral et académique à Trujillo y a laissé une empreinte durable.
“Sa trajectoire reflète un esprit d’ouverture et un profond attachement à la mission sociale de l’Église – des valeurs que les Africains appellent de leurs vœux depuis longtemps au sein du Saint-Siège”, analyse Donald Porusingazi, politologue.
Le choix du nom Léon, historiquement associé à la force en temps de crise, alimente l’espoir d’un pontificat dans la continuité réformatrice et engagée de son prédécesseur. Autant d’élééments qui expliquent la réaction de certains chefs d’Etat africains.
Réaction emblématique des dirigeants africains
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a été parmi les premiers à réagir, saluant “un moment profond pour l’Église catholique et pour la communauté internationale”. Dans un message empreint de symbolisme, il a déclaré : “Que la fumée blanche du Conclave éclipse les sombres nuées des conflits armés qui ravagent notre monde” Ramaphosa a souligné l’accent mis par le nouveau pontife sur la paix, un écho puissant à l’héritage du pape François.
Le président nigérian Bola Tinubu a également salué le message du pape Léon XIV, empreint d’espoir et de foi. “Ses premières paroles inspirent déjà un sentiment de sérénité dans un monde troublé”, a-t-il souligné.
Pour sa part, le président kényan William Ruto a qualifié cette élection de ‘moment spirituel de portée mondiale”. Et d’ajouter : “Que ce pontificat soit un flambeau d’amour, de compassion et de justice ; qu’il élève les plus vulnérables, réconcilie les divisions et défende la dignité humaine”.
Selon de nombreux observateurs, cette élection pourrait raviver l’attention du Vatican sur les défis cruciaux auxquels fait face l’Afrique : pauvreté, migrations, conflits et justice sociale.
Dans un continent où le catholicisme connaît une croissance rapide, nombreux sont ceux qui espèrent que le pape Léon XIV portera une attention particulière aux réalités africaines, tant spirituelles que politiques. (TransContinentsAfrica)
