À 81 ans, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal est devenu le 746ᵉ Immortel de l’Académie française fondée en 1635 par Richelieu. Il rejoint une institution avec cinq sièges vacants et comptant actuellement 35 membres actifs dont, entre autres, Amin Maalouf, Erik Orsenna, Chantal Thomas ou Sylviane Agacinski.
De haut fonctionnaire à écrivain
Ingénieur et économiste de formation, également romancier et essayiste engagé, cet ancien haut fonctionnaire a été limogé en 2003 du fait de ses critiques du régime algérien. Défenseur de la langue française, il se revendique proche d’Albert Camus et s’est illustré comme un critique assidu de l’islamisme et de l’autoritarisme.
C’est en 1999 qu’il publie aux éditions Gallimard son premier roman, Le Serment des barbares, qui lui vaut un fort succès. S’en sont suivis d’autres oeuvres dont 2084. La fin du monde en 2015, récompensé du Grand Prix du roman de l’Académie française, ainsi que divers essais polémiques.
Autant d’oeuvres qui lui ont valu de recevoir de nombreux prix internationaux, dont le Friedenspreis, Prix de la paix des libraires allemands, en 2011, et en 2025 le Prix mondial Cino Del Duca sous la Coupole.
Une élection dans un contexte particulier
Cette élection est intervenue en effet moins de trois mois après sa grâce présidentielle par Abdelmadjid Tebboune (12 novembre 2025), qui l’a libéré après un an de détention en Algérie (novembre 2024 – novembre 2025). Son incarcération, liée à des propos sur l’histoire et les frontières (notamment le tracé Algérie-Maroc), avait suscité une vive mobilisation internationale. Sa libération humanitaire avait déjà été saluée comme un geste de dégel diplomatique franco-algérien.
“Devenir académicien, c’est entrer dans l’histoire de France”, a-t-il confié sur l’antenne de France Inter réagissant à son élection. De son côté, Jack Lang, ex-ministre de la Culture sous la présidence de François Mitterand et actuel président de l’Institut du Monde arabe a indiqué que “Sansal à l’Académie, c’est l’honneur de la France de la culture et des libertés !” là où la classe politique et médiatique française voit “un hommage à la liberté d’expression et à une voix qui a tenu tête à l’arbitraire”. (TransContinentsAfrica)
