Le Sénégal entre mesures sécuritaires et dialogue

DÉCISIONS. Devant l'urgence d'apaiser les tensions, le gouvernement est monté au front pour s'expliquer et a réaffirmé sa volonté de faire toute la lumière sur la mort d’un étudiant en médecine.

Le Sénégal entre mesures sécuritaires et dialogue

C’est peu de dire que les autorités sénégalaises sont sous pression. Après avoir publié un communiqué où elles ont qualifié de “drame” le décès, dans le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, du jeune Abdoulaye Ba, étudiant en 2e année de chirurgie dentaire, elles ont tenu à la Primature une conférence de presse  en présence des ministres de la Justice, des Forces armées, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Celle-ci leur a permis d’annoncer une série de mesures structurelles et préventives pour apaiser les tensions dans les universités publiques du Sénégal. 

Comment le drame s’est noué

Pour rappel, les affrontements de lundi ont touché l’intérieur du campus de l’UCAD ainsi que l’avenue Cheikh Anta Diop et la corniche ouest de Dakar, provoquant d’importantes perturbations de la circulation. Les étudiants dénoncent notamment la fermeture de restaurants universitaires et une réforme annoncée du système de bourses. Des mouvements de protestation ont également été signalés dans d’autres universités publiques, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor.

Ce nouveau drame ravive le souvenir de précédents décès liés aux contestations étudiantes au Sénégal, notamment ceux de Bassirou Faye en 2014 à l’UCAD et de Fallou Sène en 2018 à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Du constat aux mesures sécuritaires prévues

Dans le communiqué qu’elles ont publié, les autorités avaient confirmé le décès le lundi vers 18h de l’étudiant Abdoulaye Ba lors d’échauffourées liées à des revendications estudiantines. Le gouvernement avait présenté ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches et à l’ensemble de la communauté universitaire, tout en promettant que “toute la lumière sera faite” sur les circonstances de ce décès.

Lors du point de presse, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé la mise en œuvre,  “sous huitaine”, de mesures structurelles et préventives, notamment une révision du protocole d’intervention des forces de défense et de sécurité (FDS) en milieu universitaire.

“Notre objectif commun est clair : garantir la sécurité des étudiants et du personnel et faire de l’université un environnement paisible et propice à l’éducation”, a-t-il déclaré, annonçant également la création d’une cellule permanente de dialogue entre étudiants et FDS.

Le ministre a par ailleurs assuré qu’une enquête est en cours pour établir les faits et les responsabilités. “Tout comportement constaté hier fait l’objet d’investigations susceptibles de déboucher sur des sanctions”, a-t-il précisé.

Des propos de dialogue avec comme point de mire l’apaisement

De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a appelé les étudiants au calme, à la retenue et à la non-violence. “La vie humaine est sacrée. C’est dans l’apaisement et la responsabilité que nous honorerons la mémoire de l’étudiant disparu”, a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de réformes structurelles pour un enseignement supérieur de qualité.

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mme Yassine Fall, s’est engagée à ce que toute la vérité soit établie et que les responsabilités soient situées “sans faiblesse ni protection”.

Pour sa part, le ministre des Forces armées, Birame Diop, a rappelé que le Sénégal est un pays de dialogue et de concertation, assurant que les forces de l’ordre continueront d’agir avec professionnalisme, dans le respect du principe de proportionnalité et des droits des citoyens. (TransContinentsAfrica)

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