Le 400 m fait entrer le Botswana dans l’histoire des mondiaux d’athlétisme

INÉDIT. Avec une délégation de 12 athlètes, le pays d’Afrique australe a été sacré deux fois, au 400 m et au relais 4x400 m. Il a également conquis la médaille de bronze dans la course individuelle sur cette même distance.

Le 400 m fait entrer le Botswana dans l’histoire des mondiaux d’athlétisme

Depuis les Jeux olympiques de Paris 2024 où Letsile Tebogo a été sacré champion du 200 m, le Botswana n’arrête pas de surprendre voire bousculer le monde de l’athlétisme par les performances de ses coureurs. Pour preuve, à Tokyo, le stade national a été le théâtre de moments inédits où l’ex-Bechuanaland s’est illustré de manière extraordinaire. Son équipe de relais 4x400 m masculin s’est adjugé le titre mondial dans des conditions dantesques qui resteront dans les annales des championnats avec une pluie drue qui a conduit à suspendre le déroulé des compétitions de saut en hauteur et de lancer du disque. Il s’agit-là d’un fait d’autant plus remarquable que jamais une équipe africaine ne l’avait réussi auparavant. 

Une course d’anthologie pour le Botswana

Alors que la pluie battait son plein, les États-Unis, qui s’étaient qualifiés pour la finale après être sortis vainqueurs d’une course de barrage qui les avait opposés au Kenya, ont pris le relais et ont progressé en tête jusque dans la ligne droite. C’est le moment qu’a choisi Collen Kebinatshipi, vainqueur du titre individuel du 400 m pour revenir sur Rai Benjamin, le dernier relayeur et coupé la ligne en tête permettant à l’équipe du Botswana de réaliser le temps de deux minutes, 57 secondes 76 centièmes. 

“J'ai dû courir la manière la plus stratégique à cause de la météo”, a-t-il dit ajoutant : “Je savais que je devais être fort, mais je voulais quand même économiser mon énergie pour les 100 derniers mètres. Aux 80 derniers mètres, j'ai poussé et j'ai commencé à courir plus vite”. Et de conclure : “Je suis vraiment reconnaissante d'être rentrée chez moi avec deux médailles d'or”.

Pourtant arrivé sur la dernière ligne droite derrière l'Américain Rai Benjamin, le Botswanais Collen Kebinatshipi a trouvé le moyen de lui passer devant sur la ligne.
Pourtant arrivé sur la dernière ligne droite derrière l'Américain Rai Benjamin, le Botswanais Collen Kebinatshipi a trouvé le moyen de lui passer devant sur la ligne.

Un coup de massue pour les Etats-Unis

Grands perdants face au Botswana, les États-Unis, vainqueurs de neuf des 10 derniers titres mondiaux, avaient joué le tout pour le tout pour décrocher le titre. Ils ont tout simplement remplacé les quatre athlètes qui ont qualifié l’équipe pour la finale. Cela n’y a rien changé car ils se sont fait battre par le Botswana, ce qui leur a permis de décrocher la médaille d’argent l'Afrique du Sud et ce par deux millièmes de seconde après avoir été chronométrés à 2 minutes 57 secondes 83 centièmes.

“Je voulais apporter l'or à ces gars”, a déclaré Rai Benjamin, champion du monde du 400 m haies qui a couru la dernière manche pour les États-Unis. “Je suis un peu déçu de ne pas avoir pu le faire aujourd'hui. Les gars m'ont mis dans une excellente position. Nous n'étions pas censés être ici, donc prendre une médaille d'argent est plutôt bien”, a-t-il ajouté.

Locomotive de l'Afrique du Sud, Wayde van Niekerk plutôt satisfait

Pour ce qui est de l’Afrique du Sud, elle a pu compter sur Wayde van Niekerk, détenteur du record du monde du 400 m. Celui-ci a déclaré qu'il était heureux de laisser l'athlétisme sud-africain entre de bonnes mains alors qu'il se dirige vers la retraite.

“Ce sont des gars vraiment talentueux que nous avons dans notre relais. Je suis enthousiaste quant à leur carrière à venir avenir”, a-t-il poursuivi. 

Aujourd’hui âgé de 33 ans, il s’est déclaré “privilégié de dire qu’(il) a terminé (sa) carrière sur 400 m avec ces gars” précisant que ses compatriotes essaient de le dissuader d’arrêter alors qu’il pense que c’est le moment. Des propos qui pourraient aussi être à l’endroit des coureurs botswanais qui semblent avoir saisi le drapeau de l’athlétisme africain dans le sillage des Kényans, des Ethiopiens, des Marocains, des Ougandais, des Tanzaniens, des Algériens et de bien d’athlètes d’autres pays plus discrets. (TransContinentsAfrica)

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