Journée des coutumes et traditions célébrée au Burkina

COMMÉMORATION. Instituée en 2024, cette Journée en est à sa 3e édition avec des cérémonies qui ont réuni des autorités coutumières, des représentants du gouvernement et des adeptes des religions traditionnelles.

Journée des coutumes et traditions célébrée au Burkina

C’est un signe qui ne trompe pas quant à la volonté d'inclure dans le fonctionnement des institutions des éléments endogènes. Ainsi, c’est dans la cour royale de Panghin, résidence de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho, que s’est ouverte l’édition 2026 de la Journée des coutumes et traditions du Burkina Faso. Thème choisi cette année : “Justice traditionnelle et spiritualités dans le Moogho”.

Solennité et ferveur culturelle de mise

L’arrivée du Moogho Naaba Baongho à 9 h 25 a marqué le lancement officiel des festivités. La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national en langue mooré, dans une atmosphère empreinte de solennité et de ferveur culturelle.

Autorités coutumières et traditionnelles, représentants du gouvernement, administrateurs et hommes de culture ont pris place dans l’enceinte royale pour honorer ce rendez-vous désormais inscrit dans le calendrier officiel burkinabè.

Une célébration en des lieux différents

Les célébrations ne se sont pas limitées à la cour du Moogho Naaba. À Ouagadougou, des adeptes de la religion traditionnelle se sont rassemblés à la résidence du Trésor humain vivant Konomba Traoré pour une cérémonie marquée par des rites ancestraux.

Des sacrifices de poulets et de chèvres y ont été accomplis afin d’implorer les mânes des ancêtres pour le retour de la paix et de la sécurité dans le pays, en proie depuis plusieurs années à une grave crise sécuritaire.

Les valeurs traditionnelles mises en exergue 

Prenant la parole, Konomba Traoré a exhorté la jeunesse à se réapproprier les valeurs culturelles africaines, en rejetant toute lecture passéiste de ce “retour aux sources”. 

Chanteur, musicologue, professeur de musique traditionnelle et facteur d'instruments traditionnels, Konomba Traoré est une personnalité emblématique de la volonté de faire revivre dans le Burkina contemporain un maximum de valeurs traditionnelles.
Chanteur, musicologue, professeur de musique traditionnelle et facteur d'instruments traditionnels, Konomba Traoré est une personnalité emblématique de la volonté de faire revivre dans le Burkina contemporain un maximum de valeurs traditionnelles.

Homme de culture, écrivain, artiste-peintre et auteur-compositeur, Konomba Traoré a soutenu que “le retour aux sources, ce n’est pas refuser l’ordinateur, le téléphone ou la voiture. C’est revenir aux fondamentaux : le respect du droit d’aînesse, des lois sociales, des interdits, mais aussi cultiver l’amitié, la solidarité, le vivre-ensemble et la parenté à plaisanterie”. 

Les autorités fortement impliquées

Instituée le 6 mars 2024, la JCT traduit, selon les autorités, la volonté de l’État de valoriser le patrimoine immatériel tout en consolidant la laïcité républicaine.

Dans un message publié à cette occasion et cité par APAnews, le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, a souhaité que cette commémoration “renforce l’attachement aux racines culturelles et contribue durablement à la cohésion sociale, au vivre-ensemble et à la consolidation de la paix”.

Pour sa part, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a appelé tous les Burkinabè à “réfléchir sur la contribution de notre héritage culturel dans la construction du Burkina Faso nouveau dont nous rêvons”, affirmant que cette journée interpelle sur “l’impérieuse nécessité de promouvoir nos valeurs ancestrales et nos pratiques culturelle”.

Cette troisième édition de la JCT intervient dans un contexte de revendication affirmée de souveraineté culturelle par les autorités de la transition burkinabè, qui placent le retour aux valeurs endogènes au cœur de leur projet de refondation nationale. (TransContinentsAfrica)

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