Guinée : 40 ​partis politiques dissous, l’opposition prête à une “résistance directe”

COUP. Avec le pouvoir de Mamady Doumbouya consolidé par les urnes et désormais sans interlocuteur reconnu, le champ politique a une allure qu'on ne lui connaissait pas depuis bien des décennies.

Guinée : 40 ​partis politiques dissous, l’opposition prête à une “résistance directe”

Par quelle voie les changements pourront-ils être opérés en Guinée au regard de la situation créée par la dissolution de quarante partis politiques ? La question mérite d’être posée alors le principal chef de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, estime, dans une déclaration vidéo publiée dimanche sur les réseaux sociaux, que “​la guerre a été ouvertement déclarée” aux adversaires de Mamady Doumbouya.

Un décret de dissolution promulgué

En effet, le ministère guinéen de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a déclaré dans un décret publié en fin de semaine dernière que les sièges et bureaux locaux de 40 ​partis seraient fermés et que l’utilisation de leurs logos, acronymes et autres signes distinctifs serait interdite. 

A la tête de la Guinée depuis son coup d'Etat perpétré contre Alpha Condé, Mamady Doumbia a gagné la présidentielle de décembre dernier qui lui permet de rester au pouvoir encore sept ans. Le partis dissous
A la tête de la Guinée depuis son coup d'Etat perpétré contre Alpha Condé, Mamady Doumbia a gagné la présidentielle de décembre dernier qui lui permet de rester au pouvoir encore sept ans. Le partis dissous

Dans le décret, il est indiqué que les partis n’ont pas respecté leurs obligations légales telles que le dépôt d’états financiers, ce à quoi plusieurs des partis politiques dissous ont répondu expliquant dans des  protestations qu’ils avaient rempli toutes les exigences légales.

Une réplique verbale du principal opposant

Cela a donc conduit le principal chef de l’opposition guinéenne a déclarer que “la ​résistance directe” au chef du coup d’État était désormais devenue le seul moyen d’apporter des changements sans préciser à quoi cela devrait ressembler exactement cette résistance. ​​

En exil à l’extérieur du pays, tout comme l’ancien président Alpha Condé, que Doumbouya a renversé et dont le parti a également été dissous vendredi, Cellou Dalein Diallo a donc vigoureusement réagi. 

Indiquant que le changement politique ne se produirait pas par le dialogue ou les processus démocratiques, il a expliqué que “le chef de la junte et sa clique malveillante veulent réécrire l’histoire du pays en effaçant du paysage politique toutes les forces susceptibles d’éclipser son État à parti unique naissant”. 

Le contexte actuel et historique de la Guinée

Pour rappel, le président Mamady Doumbouya, ancien commandant des forces spéciales, a pris le pouvoir en 2021. En décembre dernier, il a remporté une présidentielle qui lui permet d’avoir un mandat de sept ans à la tête du pays. Alors que ce résultat est contesté par ses opposants, . ​​des élections législatives sont prévues au mois de mai prochain. 

Aux déclarations de Cellou Dalein Diallo, aucun porte-parole du gouvernement n’a pas répondu. Alors qu’il revendique d’avoir gagné les élections de 2020 face à Alpha Condé qui glanait son 3e mandat, il faut rappeler que la Guinée a malheureusement une longue histoire de violence politique même si l’élection de décembre ​2025, étroitement contrôlée, s’est déroulée sans incident majeur en matière de sécurité. (TransContinentsAfrica)

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