Guinée : 21 septembre, jour de référendum constitutionnel

PRESSION. Ce sont des dispositions sécuritaires extrêmes qui ont encadré le scrutin décisif de la transition. Seule souplesse admise : la présence d'observateurs de la Cedeao.

Guinée : 21 septembre, jour de référendum constitutionnel

C’est un signal qui en dit long sur l’atmosphère qui accompagne le référendum constitutionnel de ce 21 septembre. Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) de Guinée a interdit toute circulation sur l’ensemble du territoire national. L’arrêté signé par le ministre Ibrahima Kalil Condé rend la mesure effective de 6h00 à 18h00 et concerne tous les véhicules automobiles, motos et tricycles. L’objectif avancé est “d’assurer le bon déroulement du vote et de renforcer la sécurité publique”. Seuls les véhicules des Forces de défense et de sécurité, les ambulances et les engins de secours sont exemptés. Des laissez-passer exceptionnels peuvent être délivrés par le Poste de commandement opérationnel de sécurité intérieure (PCO-S.I), chargé de l’application stricte de cette décision.

Un scrutin entre pays verrouillé et observation de la Cedeao

Au-delà, en parallèle, la Cédéao a déployé 11 experts issus des commissions électorales des États membres, mandatés par son président Dr Omar Alieu Touray. Conformément aux instruments juridiques de l’organisation, ils observeront le scrutin du 17 au 23 septembre dans les régions de Conakry, Kankan, Kindia, Mamou et Labé, sous la coordination de Serigne Mamadou Ka, chef par intérim de la Division de l’assistance électorale de la Cédéao. 

L’organisation sous-régionale réaffirme ainsi, pour sa part, son engagement à accompagner les autorités guinéennes et à contribuer à la crédibilité de ce scrutin constitutionnel jugé crucial pour l’avenir institutionnel du pays.

Quid de l’objet et de l’environnement du scrutin ? 

Le référendum constitue une étape majeure de la transition politique en Guinée. Le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, avait reçu en juin le projet de nouvelle Constitution des mains du président du Conseil national de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma. Le texte prévoit notamment un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une fois, la création d’un Sénat et la possibilité pour Doumbouya de se présenter à la prochaine présidentielle.

Le fichier électoral biométrique recense 6,7 millions d’électeurs répartis dans plus de 23 000 bureaux de vote. Le gouvernement assure que les kits électoraux modernes récemment reçus permettront de sécuriser le processus, en dépit des critiques de l’opposition.

Celle-ci, par la voix entre autres de Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, a exprimé plus que sa défiance à l’endroit de ce référendum. De quoi comprendre que ce n’est pas demain que les tensions politiques s’estomperont en Guinée. (TransContinentsAfrica)

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