À son arrivée au pouvoir, en 2011, Alassane Ouattara s’est attelé à stabiliser un pays meurtri par une crise politico-militaire, et à relancer son développement économique et social. Résultat : le pays a enregistré une croissance moyenne du PIB réel de 6,5 % entre 2021 et 2023 et a atteint 6 % en 2024.
Le chantier de la corruption engagé
La lutte contre la corruption qui était une priorité a progressé, notamment durant le troisième mandat d’Alassane Ouattara même si de nombreux défis subsistent encore. Selon Transparency International, la Côte d’Ivoire est passée d’un score de transparence de 35/100 en 2019 à 45/100 en 2024. Le pays se situe désormais bien au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne (33/100), mais reste en retrait par rapport aux États les plus avancés du continent.
Ce chantier de la corruption est le premier d’un chapelet de défis dont la réduction des inégalités, la consolidation de la démocratie et la sécurité au nord. Et c’est d’autant plus important que c’est sur la confiance des Ivoiriens dans les capacités d’Alassane Ouattara à transformer la croissance en prospérité partagée que se jouera, sans doute, le verdict des urnes le 25 octobre 2025.
Une couverture santé améliorée
Le système de santé ivoirien a également connu de nets progrès. Mise en place en 2019, la Couverture maladie universelle (CMU), avec 15 millions d’inscrits fin 2024, a nettement amélioré l’accès aux soins, en particulier pour les populations les plus vulnérables. A part ça, l’exécutif s’est également attaché à renforcer la couverture médicale dans les zones rurales : 80 % de la population vit aujourd’hui à moins de 5 km d’un centre de santé, contre 66 % en 2011.
Le front de la sécurité renforcé
Dans un environnement menacé par le terrorisme, la Côte d’Ivoire revendique un indice de sécurité de 1,2, une performance remarquable. Toutefois, le pays devra contenir aux tensions dans le Nord, en lien avec l’activité de groupes djihadistes venus du Sahel.
Le gouvernement a, d’ailleurs, renforcé ses capacités militaires et de renseignement à travers le programme « Armée 2030 ». Parallèlement, des actions de prévention ont été lancées, notamment à destination des jeunes du Nord, vulnérables à la radicalisation.
Pour faire face à la menace terroriste, l’exécutif a misé sur trois axes : la montée en puissance opérationnelle, la formation des forces en place, l’anticipation des menaces via des coopérations régionales et internationales.
Un rôle stabilisateur dans la région ouest-africaine
Selon le politologue Mathias Hounkpé, la Côte d’ivoire est apparue sous les mandats de Ouattara “comme le pays qui gère les problèmes des pays francophones”. C’est ainsi qu’elle s’est évertuée à jouer un rôle pour favoriser le retour du Niger, du Mali et du Burkina Faso au sein de la Cedeao, après leur retrait consécutif à l’arrivée au pouvoir de juntes militaires. Parallèlement, estime APAnews, Ouattara a privilégié le dialogue et la diplomatie dans les moments de tension notamment lorsque 49 soldats ivoiriens ont été retenus à Bamako en 2022. (TransContinentsAfrica)
