Gabon : Ali Bongo et sa famille exfiltrés en Angola

CLÉMENCE. Rejoint dans sa résidence surveillée par son épouse et son fils transférés de prison la semaine dernière, l’ex-président a atterri à Luanda.

Gabon : Ali Bongo et sa famille exfiltrés en Angola

L’information a été rendue officielle par la présidence angolaise. Ali Bongo Ondimba, son épouse et son fils se trouvent en Angola actuellement. Deux sources proches de l'affaire ont déclaré à Reuters que la famille avait quitté le Gabon avant minuit jeudi. 

Les détails des échanges entre João Lourenço, Brice Oligui Nguema et Ali Bongo n’ont pas été rendus publics. Toutefois, la présidence angolaise a précisé que la libération de l’ex-chef d’Etat gabonais et le départ de sa famille vers Luanda sont le résultat des "démarches" entreprises par João Lourenço, « en concertation » avec les nouvelles autorités gabonaises.

Il faut croire que les multiples appels en leur faveur ont été entendus. Le mois dernier, les responsables de l'Union africaine avaient appelé à la libération de l'épouse de Bongo, 

Les parcours de non-liberté de la famille Bongo

Sylvia Bongo, 62 ans, et de son fils Noureddin, 33 ans. Pour rappel, ceux-ci avaient été placés en détention peu après le coup d'État d'août 2023 et accusés de crimes tels que le détournement de fonds et le blanchiment d'argent.

Ali Bongo, 66 ans, qui avait succédé à son père en 2009, a d'abord été assigné à résidence après le coup d'État, mais les autorités ont déclaré plus tard qu'il était libre de se déplacer comme il le souhaitait. Ses partisans ont affirmé que cela était faux, mais il n'a pas quitté Libreville depuis lors.

Sylvia et Noureddin Bongo ont été transférés en résidence surveillée le 9 mai. Ils avaient récemment été détenus dans des cellules du sous-sol du palais présidentiel de Libreville, a déclaré l'une des sources proches du dossier.

Leurs partisans ont déclaré avoir été torturés pendant leur détention, bien que le chef du coup d'État, Brice Oligui Nguema, qui est actuellement président, l'ait nié. Quant au ministre gabonais de la Communication, Paul-Marie Gondjout, il n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Décantation de la situation après l’élection

Brice Oligui Nguema a prêté serment pour un mandat de sept ans en tant que président ce mois-ci après avoir remporté une élection avec près de 95% des voix.

Lors d'une réunion le 30 avril, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a réadmis le Gabon, dont l'adhésion à l'UA avait été suspendue après le coup d'État.

Dans un communiqué, le Conseil avait appelé à la libération immédiate de la famille d'Ali Bongo et à des garanties que leurs droits et leur santé seraient protégés. 

Une nouvelle stature pour Lourenço

João Lourenço s’affirme de plus en plus comme un médiateur incontournable sur le continent. Après avoir joué un rôle clé dans les efforts de paix dans l’est de la République démocratique du Congo, le président angolais s’est rendu cette semaine à Libreville pour négocier la libération de la famille de l’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba.

Président en exercice de l’Union africaine, Lourenço a effectué cette visite le lundi 12 mai, soit un peu moins de deux semaines après l’investiture du général Brice Oligui Nguema comme président de la République du Gabon. Le déplacement, présenté comme une visite officielle, a également permis au dirigeant angolais de s’entretenir directement avec Ali Bongo. (TransContinentsAfrica)

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