Le moins que l’on puisse dire, c’est que l'atmosphère n’a pas été à la détente entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis de Donald Trump lors du dernier sommet du G20 à Johannesburg. Alors que la question de la déclaration finale des dirigeants avait été abordée un haut responsable de la Maison Blanche a qualifié de “honteuse” la démarche surprise qui a abouti au résultat qu’un consensus s'était dégagé.
Selon Reuters, le projet de déclaration avait fait référence au changement climatique, malgré les objections de l'administration du président américain Donald Trump dont on sait qu'il doute du consensus scientifique selon lequel le réchauffement est causé par les activités humaines.
Une majorité pour un consensus autour de la déclaration finale
"Il y a eu un consensus et un accord écrasant sur le fait que l’une des autres tâches que nous devrions entreprendre dès le début est d’adopter notre déclaration”, a indiqué le président Cyril Ramaphosa dans son discours d’ouverture du Sommet. Il a remercié toutes les délégations qui avaient collaboré avec l’Afrique du Sud “de bonne foi pour produire un document final digne du G20”. “Nous ne devrions permettre à personne de diminuer la valeur, la stature et l'impact de la première présidence africaine du G20”, a-t-il poursuivi.

Précision : trois des quatre principaux points à l’ordre du jour de l’Afrique du Sud, à savoir la préparation aux catastrophes météorologiques induites par le climat, le financement de la transition vers l’énergie verte et la garantie que la ruée vers les minéraux essentiels profite aux producteurs, étaient étroitement liés au changement climatique. Le quatrième concernait un système d’emprunt plus équitable pour les pays pauvres. Un chapelet de points que les Etats-Unis ont fortement rejeté.
En face, la forte volonté des Etats-Unis de discréditer le G20 en Afrique du Sud
Il faut dire que Donald Trump ne s’est pas gêné pour discréditer l’Afrique du Sud et le G20 dont celle-ci était l’hôte.
Le président américain avait déjà indiqué que des responsables américains n'assisteraient pas au sommet en raison d'allégations selon lesquelles le gouvernement à majorité noire du pays hôte persécute sa minorité blanche. Celles-ci ont d'ailleurs largement été discréditées depuis,
Il s'en est suivi quand même que le boycott américain a entravé les projets de Cyril Ramaphosa de faire connaître le rôle de l'Afrique du Sud dans la promotion de la diplomatie multilatérale. Cela dit, certains analystes ont suggéré que cela a pu être un avantage dans la mesure où d'autres membres ont adopté l'ordre du jour du sommet et progressaient sur une déclaration de fond.
Les Etats-Unis ont matérialisé leur opposition à l’agenda du G20 de l’Afrique du Sud
Face à cela, Donald Trump a manifesté son rejet du programme du pays hôte visant, d'abord, à promouvoir la solidarité et à aider les pays en développement à s’adapter aux catastrophes météorologiques, ensuite à passer à une énergie propre, enfin, à réduire leurs importantes charges générées par leur endettement.
Il faut dire que les concessions à faire sur le langage pour parvenir à un accord sur un projet de déclaration étaient compliquées à circonscrire.

Explication : d'une part, les États-Unis s'étaient de toutes façons opposés à toute mention du climat ou des énergies renouvelables dans la discussion ; d'autre part, certains autres pays membres étaient plutôt réticents à ce sujet.
Mais là ne se sont pas arrêtées les divergences entre les Etats-Unis et l’Afrique du Sud. Celles-ci se sont étendues à la manière dont se passerait la transmission de la présidence tournante du G20.
Crispation autour de la transmission de la présidence du G20
On le sait. En 2026, c'est Donald Trump qui accueillera le G20 mais les Etats-Unis, qui ont refusé de participer aux discussions sur la déclaration finale du sommet de 2025, ont décidé d’envoyer Marc Dillard, le chargé d'affaires à l'ambassade des Etats-Unis à Pretoria, pour la passation de la présidence du G20 de l’Afrique du Sud aux Etats-Unis.
Sur ce point, il convient de rappeler que dans la pratique diplomatique, un chargé d'affaires est le chef de mission le moins haut placé. Il est généralement nommé uniquement lorsqu'un pays n'a pas d'ambassadeur en poste. En plus de ça, contrairement à un ambassadeur ou un ministre plénipotentiaire, un chargé d'affaires ne présente pas ses lettres de créance au chef d'Etat du pays hôte. Il est tout simplement considéré en général comme un représentant temporaire ou de niveau subalterne.
Face à cette situation, le président Cyril Ramaphosa a déclaré qu’il céderait la présidence tournante du G20 à une “chaise vide” refusant de la transmettre à un diplomate de rang inférieur. "Le président ne remettra pas la présidence à un chargé d'affaires", a écrit son porte-parole Vincent Magwenya sur le réseau social X. Un différend de plus après que la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, ait critiqué le président sud-africain en l'accusant de "parler à tort et à travers" au sujet du boycott américain du sommet du G20. Une crispation de plus qui ne va pas faciliter les relations entre les deux pays. (TransContinentsAfrica)
