Pour comprendre l’urgence de la situation, il faut savoir qu’au rythme actuel, seuls 13% des besoins annuels dudit secteur seront couverts d’ici 2030. De quoi justifier que la CEDEAO se mette en ordre de bataille comme elle l’a fait avec l’atelier régional de trois jours qu’elle a récemment organisé à Dakar. Objectif : renforcer les capacités d’accès au financement climatique dans le secteur agricole. Experts gouvernementaux, parties prenantes et organisations régionales ont échange pour améliorer leurs compétences techniques.
Matérialiser l’ambition de mieux contribuer aux projets conformes
"L’insuffisance de la finance domestique pour faire face aux défis posés par les changements climatiques doit conduire à la mobilisation et au renforcement de la capacité d’absorption des fonds internationaux disponibles dédiés à l’action climatique”, a déclaré Mohamed Zongo, directeur exécutif par intérim de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation de la CEDEAO.
Mohamed Zongo a exprimé l’ambition de l’organisation communautaire de “contribuer à l’éclosion de projets répondant aux exigences du Fonds vert pour le Climat pour la mobilisation des ressources financières adéquates”.
Il a aussi annoncé que l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA, sigle anglais) de la CEDEAO a été accréditée auprès du Fonds vert pour le climat comme Delivery Partner depuis 2023.
Les obstacles et les enjeux
Selon le responsable trois principales difficultés freinent l’accès de ces pays à ces fonds. Il s’agit de la faiblesse des capacités institutionnelles, du manque d’alignement entre les priorités de développement et les politiques climatiques, et de la méconnaissance des procédures d’accès aux différents guichets climat.
Les enjeux sont considérables. Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’impact des changements climatiques pourrait coûter 50 milliards de dollars par an au continent d’ici 2040, avec une baisse du PIB de 30% d’ici 2050.
Un déficit important constaté
La cartographie des flux financiers révèle un déficit alarmant. Entre mars 2019 et juin 2022, les États membres de la CEDEAO n’ont reçu que 3,3 milliards de dollars sur les près de 240 milliards nécessaires selon leurs contributions nationales déterminées. À ce rythme, seuls 13 % des besoins financiers annuels pour les actions climatiques conditionnelles seraient couverts d’ici 2030.
L’atelier s’est inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie régionale pour le climat adoptée en juin 2022 et a visé à développer des projets éligibles au Fonds vert pour le climat, particulièrement pour renforcer la résilience du secteur agricole face aux événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents dans la région. De quoi se mettre sur l’orbite d’une meilleure efficacité sur les financements et sur les projets. (TransContinentsAfrica)
