Fespaco : l'Étalon d’or de Yennenga au Burkinabè Dani Kouyaté

DISTINCTION. Son film primé, “Katanga, la danse des scorpions”, est inspiré d’une fable politique universelle et intemporelle adaptée de la tragédie Macbeth de William Shakespeare.

Fespaco : l'Étalon d’or de Yennenga au Burkinabè Dani Kouyaté

Entièrement tourné au Burkina avec un budget d’un peu plus de 400 millions de F CFA, le film du réalisateur burkinabè Dani Kouyaté raconte l’histoire du roi Pazouknaam. Celui-ci y nomme son cousin Katanga chef des armées après un complot raté contre lui. Mal lui en a pris puisque, au final, c’est ce dernier qui va l’assassiner et s’emparer du pouvoir. La suite du récit est un chapelet de faits par lesquels on voit tous les travers que Katanga n’hésite pas à emprunter pour défendre son règne. 

“Katanga, la danse des scorpions” : un film marquant

“Je l’ai réalisé en ayant à l’esprit de remporter l’Étalon d’or de Yennenga”, a expliqué Dani Kouyaté, réalisateur mais aussi conteur.  “Mon rôle en tant qu’artiste, c’est de poser des questions, de mettre en lumière des problèmes afin que le public réfléchisse avec moi pour trouver des solutions”, a poursuivi, répondant à l’agence APAnews, celui qui, issu d’une famille de griots, est aussi musicien et metteur en scène. 

Issu d'une famille de griots, Dani Kouyaté est réalisateur, conteur, musicien, metteur en scène et enseignant en école de cinéma
Issu d'une famille de griots, Dani Kouyaté est réalisateur, conteur, musicien, metteur en scène et enseignant en école de cinéma

“C’est un moment riche en émotions, a indiqué le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, au terme de la projection pendant le festival du film, une heure et trente minutes durant, au Ciné Burkina. Accompagné du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ainsi que de plusieurs autres membres du gouvernement, le chef du gouvernement burkinabè a ajouté “avoir suivi un film qui (nous) plonge dans l’intrigue du pouvoir, dans la violence, mais qui finit sur une bonne note”. Et de conclure : “C’est un très beau film. Nous saluons le réalisateur et les comédiens parce que c’est un chef-d’œuvre. C’est l’occasion pour nous d’inviter tous les cinéphiles et nos concitoyens à ne pas hésiter à aller le voir. Nous avons passé un bon moment et nous souhaitons bonne chance au film”. 

Une illustration de la vigueur du cinéma burkinabè

Distinguée par ailleurs par quatre prix spéciaux au cours de cette 29e édition du Fespaco, en l’occurrence le Prix Spécial FDCT, le Prix Spécial UEMOA du long métrage fiction, le Prix Sembène Ousmane de la Fondation Ecobank et le Prix de la critique africaine Paulin Soumanou Vieyra, “Katanga, la danse des scorpions” s’est finalement vue adjuger la récompense suprême, l'Étalon de Yennenga, dotée d’une prime de 20 millions de F CFA. 

Au-delà, le succès du film de Dani Kouyaté confirme la vigueur du cinéma burkinabè. Celui-ci a en effet vu, dans cette édition du Fespaco, ses productions briller autant dans les catégories principales que dans les prix spéciaux. Une récompense méritée pour Dani Kouyaté, connu pour avoir réalisé plusieurs films, dont “Sya, le rêve du python” en  2001 et “Keïta, l’héritage du griot” en  1995, mais également comme enseignant au département d’anthropologie culturelle de l’université d’Uppsala et à l’École de cinéma et de théâtre de Wiks Folkhögskola, en Suède. 

En attendant que son film primé soit projeté dans un maximum de salles pour toucher un public plus large, rendez-vous est donné du 27 février au 6 mars 2027 pour la 30e édition du Fespaco. (TransContinentsAfrica)

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