Etats-Unis-Afrique du Sud : le duel continue

TENSION. “L’Afrique du Sud ne sera pas invitée au sommet du G20 en 2026”, a décidé Donald Trump. Le gouvernement de Ramaphosa “regrette cette mesure qu’il qualifie de “punitive”.

Etats-Unis-Afrique du Sud : le duel continue

Qu’est-ce qui pourra faire revenir à la normale les relations entre les Etats-Unis et l’Afrique du Sud ? La question mérite d’être posée tant Donald Trump multiplie les signes d’hostilité à l’endroit du gouvernement de Cyril Ramaphosa. Et nul doute que la décision des dirigeants du Groupe des 20 d’adopter une déclaration visant à faire face à la crise climatique et à d’autres défis mondiaux, malgré les objections des États-Unis, n’a pas plu à une administration Trump ouvertement climato-sceptique. Celle-ci n'a d’ailleurs pas hésité à accuser l’Afrique du Sud d’avoir utilisé sa présidence du G20 de Johannesburg comme une arme. Il ne s'agit cependant que d'un épisode de plus dans une relation tumultueuse depuis l'élection de Donald Trump.

La suite d’une longue série d'initiatives inamicales des Etats-Unis

Depuis sa prise de fonction pour la deuxième fois en janvier, Trump a en effet beaucoup critiqué les politiques intérieures et étrangères de l'Afrique du Sud. Il a affirmé à plusieurs reprises que le gouvernement sud-africain à majorité noire persécutait sa minorité blanche et qu'il y a eu un génocide d'agriculteurs blancs dans le pays, des affirmations qui ont été largement discréditées depuis.

Lors d'une réunion à la Maison Blanche en mai, Donald Trump avait confronté Cyril Ramaphosa à de fausses allégations de génocide blanc.

Autant d'éléments qui justifient à ses yeux qu'il ait donné des instructions à son administration pour “arrêter tous les paiements et subventions” à l’Afrique du Sud, avec effet immédiat. En février déjà, le président américain avait signé un décret visant à réduire l'aide financière à la nation arc-en-ciel invoquant la désapprobation de la politique foncière du gouvernement Ramaphosa mais aussi de l'introduction de son action pour génocide devant la Cour internationale de justice contre l'allié de Washington, Israël.

Une mesure de rétorsion à propos de la transmission des instruments de présidence du G20

À cela, il faut ajouter l'incident de la fin du G20 concernant le protocole de transmission de la présidence du sommet. "L’Afrique du Sud a en effet refusé de céder la présidence du G20 à un haut représentant de notre ambassade des États-Unis, qui a assisté à la cérémonie de clôture”, a déclaré Donald Trump dans un message publié mercredi sur Truth Social. “Par conséquent, sur mes instructions, l’Afrique du Sud ne recevra PAS d’invitation au G20 de 2026, qui se tiendra l’année prochaine dans la grande ville de Miami, en Floride”.

Le bureau du président sud-africain Cyril Ramaphosa a qualifié ce message de “regrettable”.

Et d'expliquer que la délégation américaine n’ayant pas été présente au sommet la semaine dernière, “les instruments de la présidence du G20 ont été dûment remis à un fonctionnaire de l’ambassade des États-Unis au siège du département des relations internationales et de la coopération de l’Afrique du Sud”.

“Il est regrettable que, malgré les efforts et les nombreuses tentatives du président Ramaphosa et de son administration pour rétablir les relations diplomatiques avec les États-Unis, le président Trump continue d'appliquer des mesures punitives contre l'Afrique du Sud sur la base de désinformations et de distorsions concernant notre pays”, a déclaré le bureau de Ramaphosa. (TransContinentsAfrica)

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