Esclavage : le Ghana veut une résolution de réparation

OFFENSIVE. L’ex-Gold Coast veut faire reconnaître par les Nations Unies que l’esclavage et la traite transatlantique constituent le crime le plus grave contre l’humanité qui ait été commis.

Esclavage : le Ghana veut une résolution de réparation

Soutenu par l’Union africaine, le Ghana veut amener la question de la réparation de l’esclavage au coeur de l’agenda international. A cet effet, dans le cadre de l’agenda continental sur les réparations, le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que son pays présentera, le 25 mars 2026 à l’Assemblée générale des Nations Unies, une résolution visant à faire reconnaître l’esclavage et la traite transatlantique comme le crime le plus grave contre l’humanité. 

Pour concrétiser une résolution majeur de l’Union africaine 

S’exprimant en marge du 39e sommet de l’Union africaine, le chef de l’État ghanéen, désigné “champion de l’UA pour les réparations”, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans la décision 884 de l’organisation panafricaine proclamant 2025 “Année de justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations”.

Le président ghanéen John Dramani Mahama a pris à bras-le-corps la question de l'esclavage transatlantique et des réparations qui lui sont attachées.
Le président ghanéen John Dramani Mahama a pris à bras-le-corps la question de l'esclavage transatlantique et des réparations qui lui sont attachées.

Selon lui, le projet de résolution repose sur “une base juridique solide” en droit international, l’esclavage étant une norme impérative pour laquelle aucune dérogation n’est admise. Le texte s’appuie sur trois piliers : l’exactitude historique, la solidité juridique et l’alignement continental et de la diaspora.

Un mandat continental unifié

Le Ghana a mené de larges consultations avec des institutions internationales, des juristes africains et des experts de la diaspora afin d’affiner le projet, dont l’intitulé a été précisé pour reconnaître “le trafic d’Africains réduits en esclavage et l’asservissement racialisé comme le crime le plus grave contre l’humanité”. Adoptée par consensus lors de la 39e session ordinaire de l’UA, l’initiative bénéficie désormais d’un mandat continental unifié. 

Accra entend également s’appuyer sur le soutien des pays caribéens, notamment dans le cadre de la prochaine réunion de la CARICOM, avec lesquels “l’Afrique parle désormais d’une seule voix” sur les réparations.

Des consultations diplomatiques intensives sont prévues à New York à partir du 20 février avec plusieurs groupes régionaux, dont le Mouvement des non-alignés et le Groupe des 77, en vue de bâtir un large consensus autour du texte avant son dépôt officiel.

Objectif : faire reconnaître la vérité sur l’esclavage 

Mahama a précisé que la résolution ne vise pas à cibler des États en particulier mais à “établir la vérité, la reconnaissance et la réconciliation”. Il a insisté sur le fait que la question des réparations ne se limite pas à une compensation financière, mais inclut aussi la restitution des artefacts africains, la reconnaissance des injustices historiques et la correction du récit mondial.

“L’adoption de cette résolution n’effacera pas l’histoire, mais elle la reconnaître”, a-t-il déclaré, rappelant que les conséquences de l’esclavage continuent de se traduire par des inégalités structurelles, des discriminations raciales et des déséquilibres économiques.

dernier point et non le moindre : le chef de l’État ghanéen a inscrit cette initiative dans une dynamique plus large de repositionnement du continent marquée par l’”Accra Reset”, un agenda africain de souveraineté sanitaire, de transformation économique et de participation au nouvel ordre mondial en gestation. (TransContinentsAfrica)

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