C’est peu de dire que les élections en Ouganda se sont déroulées dans une atmosphère de tension et de forte suspicion. Pour preuve, la déclaration publiée jeudi 15 janvier, jour du vote par Bobi Wine.
L’alerte lancée par Bobi Wine
Robert Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a dénoncé des “bourrages massifs d’urnes” et des arrestations ciblées le jour du scrutin présidentiel et législatif.
Du coup, il a appelé la communauté internationale à être attentive aux diverses violations qui accompagnent ce vote. Et de dénoncer entre autres “les coupures d’internet, les pannes généralisées des machines BVVK sur lesquelles repose le système de vérification biométrique des électeurs, les enlèvements, les expulsions d’agents électoraux et des superviseurs sans compter les arrestations de dirigeants de l’opposition, y compris le vice-président pour la région de l’Ouest”.
Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions politiques persistantes où le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, brigue un nouveau mandat, tandis que son principal rival et son parti sont régulièrement empêchés d’organiser des rassemblements.
Et si les autres candidats ne sont pas persécutés comme Bobi Wine l’est, leur sort n’en est pas plus enviable. Pour rappel, on peut mentionner Nathan Nandala Mafabi du FDC favorable aux réformes institutionnelles, le général Mugisha Gregory Muntu de l’ANT qui a axé sa candidature sur l’unité nationale et la gouvernance inclusive, Munyagwa Mubarak Sserunga du Common Man’s Party, Robert Kasibante du National Peasants Party, Joseph Mabirizi du Conservative Party) et Frank Bulira Kabinga du RPP.
Appel à “rejeter ce régime criminel”
Selon l’opposant de 43 ans et leader de la Plateforme de l’unité nationale, (National Unity Platform en anglais, NUP), ”le peuple ougandais doit se montrer à la hauteur et rejeter ce régime criminel”. “Le monde ne doit jamais donner aucune légitimité au régime du sang et de la honte”, a-t-il soutenu.
Sa conviction est d’autant plus forte que ce scrutin du 15 janvier s’est inscrit dans un climat de forte tension marqué par des arrestations, des restrictions contre les médias et l’opposition ainsi que des inquiétudes internationales sur le respect des droits humains et la transparence du processus électoral en Ouganda. Autrement dit, tous les ingrédients d’une élection pas sincère. (TransContinentsAfrica)
