C’est la preuve que l’Union africaine suit avec attention les développements en Côte d’Ivoire à quelques mois de la tenue de l’élection présidentielle prévue en octobre prochain. Une délégation de l’Union africaine s’est donc rendu à Abidjan la semaine dernière et y a rencontré des acteurs politiques de tous les bords.
Mahamat Saleh Annadif qui conduisait la délégation de l’UA, avait à ses côtés cinq autres personnalités : Amb Calixte Aristide Mbari (RCA), chef de la Division démocratie, élections et constitutionnalisme, département des Affaires politiques, paix et sécurité de l’UA.
Une délégation de l’Union africaine fournie
La délégation qui est passée la semaine dernière comprenait également Mme Karine Kakasi Siaba (RDC), coordinatrice de la mission, M. Amb. William Awinador (Ghana), conseiller principal du Commissaire aux Affaires Politiques, paix et sécurité de l’UA.
Gideon Taboh (consultant, Cameroun) et M. Valdiodio Ndiaye (Sénégal), directeur Pays d’EISA – Partenaire de l’UA en matière électorale, figuraient au nombre des émissaires de l’UA venues en Côte d’Ivoire en vue d’une présidentielle apaisée en octobre 2025.
"Nous sommes venus nous entretenir avec nos frères et sœurs du RHDP pour voir comment l’union africaine peut contribuer pour que les élections qui se dessinent à l’horizon puissent se dérouler de façon pacifique”, a indiqué Mahamat Saleh Annadif, chef de la délégation de l’Union africaine en Côte d’Ivoire.
Rencontre avec le RHDP, le parti au pouvoir
"Nous avons eu un échange très constructif” avec les responsables du RHDP « et la chose qui est revenue avec nos frères et sœurs du RHDP, ils ont dit qu’ils feront tout ce qui est possible à leur niveau pour que ces élections puissent se dérouler dans de bonnes conditions », a-t-il déclaré.
Cette initiative de l’Union africaine, « venue soutenir la Côte d’Ivoire dans le cadre de ces élections », a été « saluée » par le porte-parole principal du RHDP, le ministre d’Etat, Adjoumani Kouassi, qui a relevé avoir « rappelé tous les dialogues qui ont été faits. ».
Adjoumani Kouassi a souligné qu’il y a eu cinq phases du dialogue politique, assurant que « nous sommes en train de consolider tous les acquis pour aller à des élections apaisées et le chef de délégation (de l’UA) a salué les efforts en vue d’aller à des élections apaisées. »
Rencontre avec l’opposition
Al’issue d’un échange avec la Coalition pour l’alternance pacifique (CAP-CI, opposition), l’ex-Première dame, Simone Ehivet, porte-parole de l’organisation, a souhaité que l’UA intervienne “pour que nous ayons des élections paisibles, propres et inclusives”.
Ce contact est “dans le seul but que les élections qui se profilent à l’horizon puissent se dérouler dans une ambiance apaisée. Et, pour ce faire, il nous faut écouter tous les partis politiques et tous les partenaires”, a expliqué M. Mahamat.
Il s’agit “de voir dans quelle mesure l’Union africaine peut contribuer à ce que la Côte d’Ivoire ne puisse pas renouer avec les démons du passé”, a affirmé Mahamat Saleh Annadif, ancien ministre des Affaires étrangères de la République du Tchad.
Accompagner des élections apaisées
Mahamat Annadif a souhaité que les futures joutes électorales se déroulent dans une « ambiance de paix, parce que la sous-région est dans une phase de turbulence; et on ne voudrait pas du tout que la Côte d’Ivoire qui est la locomotive de cette sous-région » sombre dans la violence.
La délégation de l’Union africaine a, par ailleurs, échangé avec la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil national des droits de l’Homme. Elle a été reçue mercredi, en audience, par l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, radié de la liste électorale.
Outre Laurent Gbagbo, d’autres leaders politiques ont été radiés de la liste électorale, notamment le président du PDCI (opposition) Tidjane Thiam, le président du Cojep, M. Charles Blé Goudé et l’ex-Premier ministre, Guillaume Soro. (TransContinentsAfrica)
