C’est par la voix de Sébastien Dano Djédjé qu’est venue le commentaire extrêmement critique de la formation politique de l’ex-président Laurent Gbagbo à propos des élections législatives du 27 décembre dernier.
La matérialisation d’une déconnexion entre le pouvoir et les populations
Lors d’une déclaration à la presse ce mardi 30 décembre 2025, le président exécutif du Parti des peuples africains - Côte d’Ivoire (PPA-CI) a justifié le boycott de sa formation politique et dressé un réquisitoire sévère contre les institutions en charge du scrutin.
Pour Dano Djédjé, ces élections sont un “braquage” électoral. “Selon les chiffres provisoires de la Commission électorale indépendante (CEI), le taux de participation s’établit officiellement à 35,04 %. Un chiffre en chute libre comparé aux 55 % enregistrés lors de la présidentielle d’octobre 2025”, a-t-il fait remarquer.
Et de proposer son décryptage. “Pour le PPA-CI, cette abstention de près de 65 % constitue un désaveu silencieux mais profond des populations face à un scrutin perçu comme joué d’avance”.
Poursuivant, Dano Djédjé a martelé que “le cœur des Ivoiriens n’y était pas”, estimant que ce faible engouement traduit une déconnexion entre le pouvoir et les aspirations populaires.
“Le PPA-CI considère que ces élections législatives constituent un nouvel épisode de braquage électoral, non seulement par les mécanismes de fraude et de partialité institutionnelle observés, mais surtout par l’absence manifeste d’adhésion populaire au processus”, a déclaré Dano Djédjé cité par APAnews.
L’exigence de réformes radicales pour les prochaines échéances
L’absence du PPA-CI n’est pas une « politique de la chaise vide », mais un refus de « légitimer la fraude », a-t-il dit, qualifiant ce retrait d’acte politique conscient visant à préserver l’intégrité du combat démocratique et à exiger la libération des milliers de « prisonniers d’opinion ».
Le parti de Gbagbo conditionne tout retour dans le processus électoral à des réformes radicales avant les prochaines échéances de 2028. Il réclame la refonte de la CEI, le « départ » du président de la CEI, Ibrahime Kuibert-Coulibaly, et une recomposition totale de l’institution.
Le PPA-CI revendique, par ailleurs, une refonte de la liste électorale et un découpage électoral plus équitable. Sur le volet social et politique, il exige la libération immédiate des prisonniers politiques et le retour sécurisé des exilés.
Cela dit, malgré son absence, le PPA-CI a tenu à saluer la « bonne foi » du PDCI-RDA, qui a choisi de participer à ces élections législatives malgré les obstacles. Sébastien Dano Djédjé a tenu à clarifier la position du parti de Laurent Gbagbo.
Les résultats sur lesquels le PPA-CI jette son discrédit
Pour revenir sur la dimension chiffrée de ce scrutin, les résultats provisoires proclamés par la CEI, donnent la configuration suivante de l’Assemblée nationale sur 255 sièges : RHDP (197 sièges), PDCI (32 sièges), Indépendants (23 sièges), Le Buffle (1 siège), UNPR (1 siège) et le FPI (1 siège).
Le RHDP, le parti de Alassane Ouattara, enregistre ainsi une progression de 30 sièges, soit 17,96 %, par rapport à la législature précédente, dans un contexte de participation historiquement faible et de contestations multiples.
Alors que le RHDP consolide sa majorité absolue à l’hémicycle dans un climat de contestation, le PPA-CI appelle à une remise en cause profonde du système électoral ivoirien pour éviter une confiscation durable de la souveraineté populaire. (TransContinentsAfrica)
